30 septembre 2009
Immigration colonisatrice.
Les z’européens
Bon alors revenons à nos moutons ! Nous sommes aux alentours de l’année 1850. Une bonne partie de ce qui va devenir le territoire algérien est sous domination française.
La France propose alors à ces braves soldats d’échanger leur fusil contre des outils agricoles (ils gardent quand même le fusil, on ne sait jamais !) et leur confie un lopin de 7 hectares à charge pour eux de l’exploiter s’ils veulent en conserver la propriété. Et voilà nos braves pioupious redevenus agriculteurs.
Dans le même temps, les bateaux alimentant la troupe en vivre, matériel et relève, font escale à Minorque pour avitailler. Les Mahonnais, certainement bien malheureux dans leur petite ile, embarquent en nombre vers l’Algérie. A tel point que le prince est obligé d’interdire les départs pour éviter que son ile ne se désertifie.
Ces premiers colons européens rejoignent les descendants de tout ce que l’Espagne Catholique a expulsé, Juifs, Gitans, Arabo-Andalous,… au moins ceux qui sont restés au Maghreb depuis le XIVème siècle.
En Europe occidentale, les temps ne sont pas faciles, les révolutions et les régimes politiques se succèdent. L’industrialisation provoque des exodes ruraux.
Le phylloxéra et le mildiou ruinent les vignes et les cultures. Pour beaucoup de français mais aussi d’espagnols, d’italiens de Maltais, l’Afrique du nord c’est l’Eldorado.
Mais tout n’est pas toujours aussi rose, nombreux sont déportés à la suite de différents avec la justice, (c’est ça ou le bagne, allons y pour ça !). Il y a aussi les déportés politiques. Les « trois glorieuses », 1848, les révoltes ouvrières (les canuts par ex.) et enfin les communes (car il n’y eu pas que celle de Paris) déversent leurs flots d’immigrants. Il faut rappeler que la Commune a été matée par le Général Bugeaud général en chef de l’armée d’Afrique.
Mais la France a aussi perdu l’Alsace-Loraine ♫« mais malgré vous nous resterons français »♫ et les gars de l’Est se déversent sur les cotes algériennes. J’ai toutefois la preuve que des alsaciens étaient déjà installés avant Sedan, j’en parlerais au chapitre suivant.
Tout ce petit monde s’amalgame dans la société dites « des colons » des « z’européens », en opposition avec les « indigènes ».
S’amalgamer est une façon de dire puisque en fait, ils restent en face de chez eux. Les côtes oranaises sont à 200 km de l’Espagne, la Sicile et l’Italie face à l’est. L’amalgame se fait surtout autour d’Alger et encore puisque les mariages respectent souvent l’ethnie d’origine. Au pire, on prend femme d’une autre origine.
En 1900, on recensait 1 million « d’européens », en 1962, c’est aussi le chiffre des rapatriés d’Algérie. Toute cette colonie de colonisateur s’installe essentiellement sur la bande côtière entre la mer et le moyen Atlas.
Les origines de la Famille Pataouète.
Du coté paternel, ce sont les parents de mon père qui ont immigré. Ils se sont mariés en 1891 à Blida. Lui était originaire de l’Ile d’Oléron (depuis au moins 2 générations) Elle du Gers et du Pas de Calais (mariage de ses parents en 1865 à La Chiffa
Du coté maternel, c’est à la fois plus simple et plus compliqué. Mon grand père était né à Zéralda. Je ne connais pas les origines de ses parents. Seul le prénom « espagnol » de sa mère m’incite à pencher sur ses origines. Ma grand-mère était la deuxième génération à naitre en Algérie (Zéralda). Ses parents étant Alsaciens pour les uns et Gardois pour les autres. Ce qui est amusant c’est que les alsaciens étaient, selon la tradition familiale, venus pour rester français. Or mon arrière grand-père est né en 1861 en Algérie. 10 ans avant Sedan…
Enfin, j’ai retrouvé les origines mahonnaises d’une aïeule, L’AFRICANO l’emmena à l’âge de 7 ans, en 1952 avec « 200 quintaux de pommes de terre et de gomme arabique ».
♫« Et tout cela fera d’excellents soldats d’excellents français qui marchent au pas »♫
10:58 Publié dans L'Algérie | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : algérie, colonisation, pataouete
29 septembre 2009
Avoir 20 ans dans les Aurès
"Des Hommes"
(Minuit)
Laurent Mauvignier
Avec "Des hommes" (Minuit) Laurent MAUVIGNIER tente d'exorciser les démons d'une guerre qui ne disait pas son nom.
En résumé, je vous propose l'article d'Igor CAPEL paru dans "Le Canard enchaîné" n° 4639.
L'AUTEUR n'était pas né quand prit fin la guerre d'Algérie. Les fellagas et le FLN, les pieds-noirs ou les appelés, la quille, la gégène, ces mots qui furent lourds de sens pour beaucoup n'ont pu résonner en lui que parce qu'ils font partie de notre mémoire collective. Et c'est en écrivain qu'il s'en est emparé, pas pour nous raconter la bataille d'Alger ou les Barricades, mais cette guerre de chaque instant, au plus profond de soi, que durent mener ceux qui là-bas vécurent la terreur de leur vie.
Le roman débute de nos jours, dans la salle des fêtes d'un village de France où est donnée une petite réception pour les soixante ans de Solange. Tout le monde est là, les cousins, les amis, quand soudain Bernard («Feu de Bois») l'alcoolique, le paria, qui ne s'est jamais remis de l'épisode algérien et que sa famille entretient tant bien que mal, s'avance vers sa sœur pour lui offrir une broche en or. Murmures dans l'assistance, réflexions, scandale : « Comment il a pu faire ça ? avec quel argent ?» Remarquant alors la présence d'un certain Chefraoui dans la salle, Bernard lance son pavé dans la mare: « Et lui ... Il a le droit d'être là ... le bougnoule. » Expulsion immédiate du frère, la soirée se terminera chez les gendarmes.
C'est son cousin Rabut qui rapporte la scène, non sans raison, puisque ces «événements » d'il y a quarante ans, et dont les plaies viennent de se rouvrir, il les a vécus avec celui qui n'était pas encore un pestiféré. Scène violente, hachée, qui met en évidence tout le talent de Mauvignier, avec ses allers et retours, ses cassures, ses dialogues qui fusent comme des balles, ou se brisent, jusqu'à la caricature parfois: « Que je. Vous voulez que je. Moi, que je dise. Et que je confirme oui, ici, ce qui s'est passé ici. ».
Deuxième temps du livre (en flash-back) : la guerre. Nos deux cousins sont expédiés dans l'Oranais.
Un instant, on craint pour l'auteur. Ces choses qu'il n'a pas vécues, il va nous en donner une version convenue, apprise. Et quand s'ouvre le bal, avec ces soldats français qui viennent incendier un village, martyrisant femmes et enfants, ces éternelles figures de sous-officiers abrutis et sadiques, on se dit: Aïe! Mais l'on a tort. Mauvignier est écrivain, et c'est à la littérature qu'il fait confiance pour dire ce que ne peut pas dire l'histoire.
Et d'abord la peur. Celle de gars de 20 ans qui se retrouvent à monter la garde, la nuit tandis qu’une nature hostile laisse échapper ses bruits, ses conversations secrètes entre pierres et bêtes, aussitôt prises pour le pas d'un « fell » qui s'apprête à vous égorger. Comme on le leur a raconté. Et comme ils le vérifient un jour, en découvrant le corps mutilé de leur médecin sur lequel a été épinglée sa photo, avec ces mots: « Soldats français, vos familles pensent à vous, retournez chez vous. »
Les deux cousins se retrouveront à Oran, lors d'une permission trop arrosée. L’un (Bernard) est tombé amoureux de l'insouciante fille d'un colon, prélude au désastre futur de sa vie, l'autre (Rabut) ne supporte plus de s'entendre appeler « le bachelier ». D'où une bagarre mémorable entre eux, comme pour expulser la peur qui les tenaille, et qui leur vaudra d'aller au trou.
La force de ce roman tient aux moyens littéraires mis en œuvre. L’auteur avance à tâtons, se glisse dans les fêlures de consciences marquées à vie, dans les plaies qu'un simple incident peut raviver. Ainsi, par ce subtil jeu de construction qui s'apparente à un puzzle (à la manière de Claude Simon), parvient-il à faire sortir de l'ombre cette" sale guerre ", et à nous parler de ceux qui en portent encore les stigmates
Igor Capel
07:13 Publié dans L'Algérie | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mauvignier, des hommes, algérie
28 septembre 2009
Algérie tu me désole !!!
Algérie tu me désole !!!
Je ne suis plus un spectateur assidu de l’émission Thalassa mais je suis quand même attentif au programme proposé chaque semaine.
Ce vendredi, le bateau océanographique dont le voyage est le fil rouge de l’année faisait escale à Alger. Les derniers reportages vus sur Lisbonne m’avaient emballé et remémoré de bons souvenirs, je me suis mis avec délectation devant cette émission.
Il faut que je vous rappelle que je crie haut et fort (tiens c’est le nom de mon hébergeur…) que l’Algérie possède la plus belle façade maritime de la Méditerranée et que le gouvernement a décidé « d’ouvrir » le pays au tourisme.
Catastrophe et désolation
Et là ! Catastrophe et désolation. Visiblement, les journalistes n’étaient pas les biens venus à Alger. Aucune image d’Alger, des ruptures de faisceau permanentes et bizarrement au moment ou les paroles devenaient critiques, un présentateur très ironique…
Des images de plages publiques bondées, et encore le mot est faible, bordéliques et inhospitalières. D’autres sur une plage privée, plutôt un platier littoral car le sable ne risquaient pas de vous rentrer dans les doigts de pieds, fréquentée par la bourgeoisie algéroise et dont le propriétaire se débat avec l’administration. Dellys, qui portait bien son nom autrefois, en ruine et en désolation. Mostaganem et ses « Boat people » "Les Harragas"…
Nous avons même eu droit à une tempête de sable sur Alger (Sydney vient d’avoir la sienne pourquoi pas Alger), un incendie de forêt et même une tornade…
Quelle désolation ! Si vous trouvez UN touriste (qui n’ait pas des origines algériennes) qui ait eu envie d’aller passer ses vacances en Algérie présentez le moi, je lui paye le voyage !
Algérie ouvre-toi !
Il est vrai que lors de mon dernier séjour, nous avions consacré la dernière journée à visiter les centres touristiques à la recherche, vaine, d’un havre de vacances familiales. Cependant j’ai eu récemment le témoignage d’une famille (aux racines maghrébines) qui passe ses vacances, depuis 4 ans, dans un hôtel en bordure de plage, un peu plus éloigné d’Alger que mes visites, et je vous assure que ces yeux brillaient à l’évocation de ses dernières vacances.
Comment peut-on « s’ouvrir » au tourisme en refusant des reportages étrangers et en proposant des images de désolation ?
Algérie mon Amour… tu me désoles.
07:28 Publié dans L'Algérie | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alger, zéralda, staoueli, thalassa
27 septembre 2009
Un peu d'humour dans ce monde grippé...
09:50 Publié dans Mes humeurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grippea, tamiflu
26 septembre 2009
Frantz Fanon et la frontière de l'invisible
J’ai donc assisté à cette conférence-projection à propos de Frantz FANON (ma note).
Frantz Fanon mémoire d’Asile
Autour du Film : « Frantz Fanon mémoire d’Asile », Abdenour ZAHZAH, auteur-réalisateur du film documentaire, Alice CHERKI, psychiatre et psychanalyste ancienne « disciple » de Fanon et sous la modération de Fafia DJARDEM s’est déroulée une projection débat tout à fait intéressante.
De la partie psychiatrique, un peu « entre spécialistes », j’ai retenu que Fanon s’était attaché à humaniser les soins. A ouvrir les pensionnaires vers des taches manuelles, intellectuelles ou sportives qui puissent sortir ses patients de leur isolement chimique, mécanique voir même carcéral.
Même en Hôpital Psy, les origines ethniques étaient distinguées. Frantz Fanon était responsable du pavillon des indigènes. Le film relate donc l’histoire de ce pavillon. Cependant, quelques images des blocs « européens » laissent entendre que le sort réservé aux malades « français » était plus humains.
Ce qui m’a choqué, c’est les images « reconstituées » de l’époque, filmées autour de 2000 et qui sont réalisées sans mise en scène…
Actuellement, ce HP est devenu le CHU Frantz Fanon de Blida et seul son pavillon est resté Psy.
Les Damnés de la Terre
Mais ce qui m’intéresse surtout c’est que Fanon, martiniquais d’origine et descendant d’esclave, à vite repéré les dégâts du colonialisme sur les peuples indigènes. Il s’est engagé dans le mouvement anticolonialiste. Je suis toujours très heureux à chaque fois que l’on peut rappeler que nombreux étaient les « européens » qui militaient pour plus d’Humanisme. Il a poussé son engagement en s’engageant dans la lutte pour l’Indépendance algérienne de 1954 à 1961 (date de son décès).
Ses principaux ouvrages, Peau noire, masques blancs (le Seuil) et les Damnés de la terre (éditions Maspero), ainsi que ses analyses sur le colonialisme et ses effets dévastateurs sur les peuples opprimés, eurent une influence considérable en Afrique, en Amérique latine (auprès de Che Guevara) mais aussi aux Etats-Unis (chez les Black Panthers).
Entendre cette théorie des effets dévastateurs du colonialisme sur les peuples opprimés m’a confirmé dans mon idée des dégâts de l’impérialisme du XIXème.
Il m’est aussi venu l’idée d’une réflexion sur l’impact psychologique sur les « européens » immigrés économiques ou politiques, survalorisés par les discours politiques, ignorés, utilisés et manipulés par des Généraux fascisants et qui finirent spoliés de leurs biens physiques et moraux. Contraints de revivre une immigration d’exode vers un pays dont leurs aïeux n’étaient pas tous originaires.
" La frontière invisible - Violences de l'immigration"
Le débat suivant, avec Alice Cherki, fut plutôt sous forme de questions-réponse. Il m’a surtout donné envie lire son dernier livre :
" La frontière invisible - Violences de l'immigration" (Elema, 2006).
Elle y rend visibles "les enfants de l'actuel" qui sont les descendants de parents anciennement colonisés qui ont à faire face au silence pétrifiant de l'histoire officielle et aux forces de "silenciation".
Elle réaffirme que ce qui n'a pas pu être élaboré, ni symbolisé est transmis de manière brute avec ses conséquences violentes et mortifères aux générations successives. Cette mémoire "encryptée " rend impossible l'exil psychique des "enfants de l'actuel" qui ont pour seule solution de basculer dans "l'identité originelle", mouvement qui ferait le lit des intégrismes.
Vaste débat non ?
11:02 Publié dans L'Algérie | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blida, frantzfanon, alicecherki, anticolonialisme, immigration
24 septembre 2009
Adresse à celles qui portent volontairement la Burqa
09:37 Publié dans L'Algérie | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : e badinter, burqa
23 septembre 2009
La Modernité de Frantz Fanon
Mon amie Habiba, grâce à la complicité de Rosa, m'a fait passer une invitation à une conférence organisée sur Lyon mais qui doit circuler partout en France.
Bien sûr j'y assisterais et vous ferais mon compte-rendu.
Le sujet m'est cher. Le fait colonial et ses conséquences sur la vie psychique. Sont visés les colonisés mais j’y rajouterai les colonisant.
La modernité de FRANTZ FANON
à 20h30
au Comoedia
(Lyon 7ème)
avec
Alice CHERKI
et
Abdenour ZAHZAH
Soirée organisée dans le cadre de l'exposition
François Maspero et les paysages humains
[Musée de l'imprimerie de Lyon du 16 septembre au 15 novembre 09 (création Maison des Passages / librairie A plus d'un titre)]
Cet événement inaugure aussi une série de rendez-vous présentés dans le cadre du cycle
France Algérie, les chemins de la rencontre par l’AFARA, le CARA, le C.C.O, la CIMADE, Coup de soleil en Rhône-Alpes et la Maison des Passages
Frantz Fanon, mémoire d'asile
(Algérie, 2002 - 52')
Projection-débat du film-documentaire de Abdenour ZAHZAH
Evocation, à l'aide d'images d'archives et de témoignages actuels, de la vie de Frantz Fanon, martiniquais d’origine, inhumé en terre algérienne en 1961. Médecin psychiatre, écrivain, théoricien et combattant anticolonialiste, FANON a marqué le XXe siècle par sa pensée et son action. Après des études de médecine à la Faculté de Lyon, Fanon se tourne vers la psychiatrie. Il est nommé en 1953, à l'âge de 28 ans, médecin-chef à l'hôpital psychiatrique de Blida-Joinville près d'Alger où il met en place des méthodes de soins révolutionnaires pour l’époque, impliquant malades « indigènes » et personnel soignant. Militant et fidèle à ses idéaux, il s’engagea dans la lutte pour l’indépendance algérienne de 1954 à 1961. Emporté par une leucémie à 36 ans, ses principaux ouvrages, Peau noire, masques blancs (le Seuil)et les Damnés de la terre (éditions Maspero), ainsi que ses analyses sur le colonialisme et ses effets dévastateurs sur les peuples opprimés, eurent une influence considérable en Afrique, en Amérique latine (auprès de Che Guevara) mais aussi aux Etats-Unis (chez les Black Panthers).
La frontière invisible - Violences de l'immigration
intervention-débat avec Alice CHERKI
Psychiatre et psychanalyste, Alice Cherki a travaillé, à partir de 1955, dans le service de Frantz Fanon à l'hôpital psychiatrique de Blida-Joinville et s'est engagée à ses cotés pour soutenir la lutte pour l'indépendance en Algérie. Dans la continuation de la réflexion amorcée par F. Fanon, le fait colonial et ses conséquences sur la vie psychique est la trame qui sous tend son dernier livre "La frontière invisible - Violences de l'immigration" (Elema, 2006). Elle y rend visibles "les enfants de l'actuel" qui sont les descendants de parents anciennement colonisés qui ont à faire face au silence pétrifiant de l'histoire officielle et aux forces de "silenciation".
Elle réaffirme que ce qui n'a pas pu être élaboré, ni symbolisé est transmis de manière brute avec ses conséquences violentes et mortifères aux générations successives. Cette mémoire "encryptée " rend impossible l'exil psychique des "enfants de l'actuel" qui ont pour seule solution de basculer dans "l'identité originelle", mouvement qui ferait le lit des intégrismes.
Modératrice : Fafia DJARDEM - psychiatre, psychanalyste.
Tarif : 6,30 € / Réservation conseillée :
Maison des Passages > 04 78 42 19 04 ou maisondespassages@orange.fr
Le Comoedia, 13 avenue Berthelot - 69007 Lyon
(Tram T2 / arrêt Centre Berthelot)
07:46 Publié dans L'Algérie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : algérie, frantz fanon, immigration
22 septembre 2009
Le Maghreb est-il arabe ?
Le Maghreb est-il arabe ?
Lors de mon séjour, mon « cousin » s’est plusieurs fois fâché lorsque l’on qualifiait les algériens d’arabes.
Le père Henri (voir ma note à son sujet) regrettait également que les algériens se réfèrent au monde arabe.
Dans mon enfance, mon père m’expliquait, d’abord qu’il ne fallait pas utiliser tous les surnoms dont les « européens » affublaient les indigènes, mais aussi qu’il préférait que je les appelle par leur prénom ou leur qualité, le voisin, l’homme, le copain, en un mot que je les considère.
Ce n’est que bien plus tard, lorsque je me remis professionnellement à fréquenter des jeunes « issus de l’immigration » que le mot arabe m’est réapparu. Mais dans la bouche des jeunes qui se qualifiaient eux-mêmes comme arabe, comme Beurs, comme rebeu.
Les invasions arabes.
Il est indubitable que tout au long du moyen-âge, par vagues successives, les Arabes, les Maures, les Sarrasins, ont envahis le pourtour méditerranéen. De l’Andalousie à l’Occitanie, et encore peut-on considérer que Poitier soit en Occitanie !, en passant par la Sicile et Malte, toute cette vaste région fut envahie et colonisée par les Arabes. Nous avons bien encore en France le Massif des Maures et quel est l’emblème de la Corse ?
Il semble cependant qu’ils arrivaient plus par la mer qu’en faisant le tour par le Maghreb (en arabe al-Maghrib, « le Couchant »).
Quel a été l’importance de l’origine arabe sur la population magrébine ?
Ni a-t-il pas confusion entre la religion de l’islam, d’origine arabique et qui s’est rependue sur tout le sud méditerranéen, et l’origine arabe ?
Les dialectes locaux qualifiés « d’arabe » qui ne sont pas connus des populations berbères ont-ils contribué à cette qualification ?
L’absence de langue commune et écrite a-t-elle contribué à cette arabétisation littéraire ?
L’arabétisation de l’Algérie, prônée dans les tout premiers mois de l’Indépendance, fût certainement l’une des premières raisons de la décision de retour prise par mes parents.
L’Algérie arabe ?
Il est difficile d’évaluer le pourcentage de la population algérienne ayant des origines arabiques. Il est certain que les peuplades d’origine berbère ne se sont pas mélangée ni par la langue ni par le mariage ni même par les régions. On a toujours dit qu’elles étaient montées dans les montagnes pour échapper aux envahisseurs. Cependant l’Islam s’est répandu sur tout le territoire.
En tout cas une promenade dans les rues d’Alger ou de Tizi-Ouzou laisse dubitatif sur les origines arabes de la population.
Pour terminer, et en laissant la question ouverte, que serait l’Algérie devenue si, après « l’arabétisation » l’on avait instauré une « francisation » libre, égale et fraternelle de toute la population des territoires magrébins ? Eternelle question…
07:41 Publié dans L'Algérie | Lien permanent | Commentaires (32) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : algérie, maghreb, arabe
21 septembre 2009
Le Cimetière des Elephants
La vision des reportages sur la semaine politique m'a fait penser à une chanson.
Si vous y voyez un message dites vous bien que ce n'est pas un hasard...
Marche pas ce matin... le lien : http://www.youtube.com/watch?v=0vB56vfbgdM
07:52 Publié dans La poulitique | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cimetière des elephants
20 septembre 2009
Je n’aime pas que l’on galvaude la Mutualité
Je n’aime pas que l’on galvaude un nom et encore moins que l’on récupère une notion de Solidarité au profit du secteur marchand.
Que le Frigidaire ou le Frigo ait supplanté le Réfrigérateur passons. Mais que l’on me demande si j’ai une Mutuelle alors qu’il s’agit, dans la plupart des cas aujourd’hui, d’une Assurance Santé me révolte. Il est vrai que les Sociétés qui se veulent « Mutuel » ne répondent plus vraiment non plus aux valeurs essentielles de la Mutualité.
Le mutualisme
Le mutualisme est en France le mouvement politique et historique qui a conduit à la création des formes mutualistes ou coopératives d'association dans les domaines de l'assurance, de la banque, de la construction, de l'instruction, et en général de toutes formes de production ou de commerce. Ce mouvement a conduit à la création d'un secteur économique non marchand régi par le code de la mutualité.
L'adjectif « mutuel » désigne, plus précisément, le caractère réciproque d'un droit ou d'une obligation.
Histoire du mouvement coopératif / mutualiste
L’association coopérative n’est pas un groupement instinctif, mais une forme déjà structurée de la vie en société. On peut imaginer à juste titre que les premières manifestations coopératives ont été spontanées : l’entraide... On peut néanmoins trouver des exemples de « préhistoire coopérative » ! L’aménagement du fermage collectif dans la Babylonie, les confréries d’assistance et de sépulture de l’antiquité romaine aurait eu d’un certain point de vue quelque parenté avec les institutions coopératives. On peut aussi évoquer les équipes de compagnons du bâtiment, lors de la construction du Temple de Salomon à Jérusalem : les ouvriers ont en effet mis en place un système d'entraide destiné à ceux d'entre eux victimes d'accidents ou de maladie, système qui a perduré avec les compagnons qui parcouraient l’Europe au temps des cathédrales. N'oublions pas les « artels » de pêcheurs, de chasseurs et d’artisans de l’ancienne Russie...
Les racines de la Coopération ouvrière plongent loin, environ 150 ans dans l’histoire. On peut dire qu’elle est une réponse des travailleurs aux conséquences de la concentration des capitaux. Les coopératives sont une réponse aux « abus » du capitalisme, essentiellement développé pendant la Révolution industrielle.
La loi Le Chapelier des 14 à 17 juin 1791 qui interdit les « assemblées d’ouvriers et d’artisans ». Cette loi proscrit ainsi les coalitions tant ouvrières que patronales, mais ce sont surtout les premières qui étaient visées de crainte « qu’elles ne provoquent une augmentation de salaire ». En 1791, la Révolution française inspirée par des préoccupations libérales supprime, par la loi « Le Chapelier », tous les corps intermédiaires :
- Corporations : ensemble des personnes exerçant la même profession (marchands et artisans) afin d’en réglementer l’accès et l’exercice, la concurrence, les heures de travail et les techniques de production.
- Jurandes : Sous l’Ancien Régime, corps de métier constitués par le serment mutuel que se prêtaient ces membres.
- Compagnonnage : « Association entre ouvriers d’une même profession à des fins d’instruction professionnelle et d’assistance mutuelle. »
La loi Le Chapelier ne fut abrogée qu’en 1884.
La classe ouvrière est livrée à l’arbitrage des employeurs.
Il est certain que pendant le premier demi siècle de son existence, le développement coopératif aura été dominé par la primauté :
- Des coopératives de consommation
- Des coopératives européennes.
C’est là que se forgèrent les types d’organisation internes et le stock des doctrines dominantes.
Robert Owen (1771-1858) est considéré comme le père fondateur du mouvement coopératif moderne. Le Gallois qui fit fortune dans le commerce du coton désirait améliorer les conditions de travail et de vie de ses salariés par l'éducation des travailleurs et de leurs enfants, la mise en place de crèches... Il mit en œuvre ses idées avec succès dans sa filature "New Lanark" en Écosse. La première coopérative de consommateurs (magasin coopératif) y fut créée. Cette réussite lui donna l'idée de créer des "villages of coopération" où les travailleurs pourraient se sortir eux-mêmes de la pauvreté en produisant leur propre nourriture, fabricant leurs propres vêtements et finalement se gouverner eux-mêmes. Il tenta de créer de telles communautés à Orbiston en Écosse et à New Harmony, dans l'Indiana aux États-unis, mais sans succès.
Autres domaines
Aujourd'hui, il semble que la mutualité soit conduite vers d'autres formes de compensation que la maladie, l'accident, la vieillesse ou la mort. Du fait des situations de précarité et d'exclusion en progression constante, y compris dans les pays dits développés, une nouvelle source d'inspiration pour la solidarité se fait jour, moins matérialiste et d'avantage axée vers les activités de l'esprit. L'accès aux savoirs et aux savoir-faire est en effet devenu une préoccupation essentielle pour tout individu, d'autant que les technologies modernes de communication permettent une diffusion rapide et étendue des informations et des moyens de formation individuelle.
Déjà, en France, on peut observer la création de mutuelles dites « culturelles », ayant pour vocation de proposer un système mutualisé d'accès à la culture au profit du plus grand nombre.

11:59 Publié dans Mes humeurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mutuelle, mutualité, mutualisme







