05 janvier 2010

Camus doit-il entrer au Panthéon ?

Bien entendu, vous me connaissez, l’idée de faire entrer Albert Camus au Panthéon, émise par notre président, ma laissé perplexe. Cet Algérois, Homme du Peuple fût traité avec mépris par l’intelligentsia de son époque. Au hasard d’une salle d’attente, j’ai trouvé un papier d’Yves Simon. Yves Simon soutient l’idée du président de la République, mais émet quelques réserves. Je vous propose ce texte.

 

Camus doit-il entrer au Panthéon ?

Albert Camus tablier noir 1920.jpgDes détestations, ici et là, envers le président de la République voulant «panthéoniser» Albert Camus ne doivent surtout pas occulter l'admiration que nous éprouvons pour l'auteur de « L’étranger ». Sa réhabilitation tardive ne doit rien à une République reconnaissante, mais à sa lucidité d'esprit qui, aujourd'hui, nous semble aller de soi, tant elle s'est incrustée dans nos manières de ressentir les soubresauts d'un monde malade. Ne fut-il pas le seul à dénoncer la répression colonialiste de Sétif et Guelma, à qualifier de «guerre» ce que le gouvernement français qualifiait d'« opération de police» ? Que Nicolas Sarkozy approuve, a posteriori, de tels engagements et qu'il soit conduit à solenniser un Camus non conformiste n'a rien de choquant, même si le président nous a plutôt habitués à proclamer publiquement une certaine condescendance pour ce qui touche à la littérature et à la philosophie.

« Grâce à lui, j'ai la nostalgie chaque fois que je vais en Algérie, de ne pas être né en Afrique du Nord. »

Diable ! S'il avait admiré Lautréamont, aurait-il regretté de n'être pas né à Montevideo ? Qu'on se souvienne ! Les derniers écrivains entrés furent André Malraux et Alexandre Dumas. En avaient-ils rêvé et reconnaîtraient-ils cette ultime sépulture comme la leur ? Question inutile. Le Panthéon est une affaire de postérité et non de testament. Si viol posthume il y a, il est à imputer aux générations qui décernent, sans vote ni jury, ce prix Nobel des morts.

J'ai cité « L’étranger» à dessein puisque. Si l'on en croit les spécialistes qui accusèrent Camus d'être un piètre penseur («  L’homme révolté»), ce sont bien les jeunesses qui ont plébiscité ce roman magistral - écrit à 28 ans - comme un des chefs-d'œuvre du XXème siècle. Camus représenta, pour les gens de ma génération, une alchimie entre un physique, des mots et une esthétique romanesque, nous faisant entrevoir un avenir qui serait littéraire et rebelle ou ne serait pas.

En 1942, Sartre, l’agrégé de Normale. Sup. accorde un 21/20 à «L’étranger», mais un 7/20 au Camus philosophe. Le malentendu aurait-il suinté de cette querelle vaine entre une bourgeoisie arrogante et l'intrus des bas-fonds venu la narguer ?

Stèle à A Camus Tipaza.jpg« Toute sa vie, Camus a été un homme du doute, incertain de son talent. Sartre, lui, croyait en son génie », dit son biographe Olivier Todd. Camus. Homme du peuple, dont la mère ne savait pas lire, fut-il traité avec mépris par une intelligentsia parisienne se gaussant son accent algérois, de ses manière de hussard ?

Obsolète, la querelle ? Un fait est là : en 2009, un président désire installer dans notre sanctuaire national un écrivain adulé, alors que des forces diverses s'opposent et au choix présidentiel, et à l'écrivain ainsi désigné.

«Je pense à tous ceux qui sont de la même origine que mon père. c'est à dire très pauvres, et à ma grand-mère qui était femme de ménage. Peut-être que c'est aussi un hommage qui lui est rendu à elle et, de ce point de vue-là, c'est peut-être aussi un symbole pour tous ceux pour qui la vie est difficile » déclare Catherine Camus, sa Fille. La symbolique, tout est là ! Camus au Panthéon, c'est l'alliance du fils prodige et de la mère analphabète, du l’algérois militant et de l’Algérie algérienne de l'intellectuel résistant et des intellectuels écrivant, du styliste brillant et des exclus d'une telle grâce.

Les symboles ont la vie dure et je ne peux que songer à cette femme, noire, couverte du drapeau tricolore, chevauchant un cheval immaculé pour remonter la rue Soufflot, au soir de l'arrivée du corps de Dumas le quarteron, petit-fils d'esclave.

La France tourmentée, par volonté présidentielle, sur son identité, honorerait, apaisée, en la personne d’Albert Camus, un nomme lucide et clairvoyant ne s'étant trompé en rien sur les devenirs chaotiques de l'Histoire. Homme blessé et révolté, réfractaire à tout pouvoir et à toute absolution, il est cet homme auquel nous serions fiers de rendre hommage en le plaçant ainsi au panthéon de nos cœurs, de nos esprits et de nos admirations.Yves Simon.jpg

Camus vers la Suède.jpg
Prix Nobel de Littérature, en 1957,
l'écrivain part en Suède en train pour recevoir sa distinction.

24 octobre 2009

Les Z’Urbains.

Les Z’Urbains.

 

Dès leur débarquement sur la plage de Sidi Ferruch, les troupes françaises n’avaient qu’un but : Alger.

 

Au début de mes élucubrations je publiais un film sur Alger en 1896 qui en a surpris plus d’un.

 

casba la citadelle.jpgA l’origine Alger c’était surtout la Casbah, le Port, et une suite de palais mauresques. Peu à peu, la ville se construit par cercles concentriques autour d’un axe central : La Grande Poste. Il s’agit en fait d’un bâtiment construit en 1905 mais de style mauresque.

Les immeubles et les voiries sont largement inspirés du Baron Hausmann mâtinés d’une part méditerranéenne. Evidemment, le quartier central est essentiellement habité par les classes bourgeoises et leur personnel de maison et de service. Plus on s’éloigne et plus on retrouve les classes ouvrières. Classique quoi.

En 1920, Alger est reconnue 2ème ville de France, après Paris bien entendu mais devant Lyon et Marseille sa jumelle.

IMG_2923.JPGLes « Indigènes » n’ont pas le même statut que leurs coreligionnaires ruraux. Ils ne sont pas asservis mais urbanisés. Oh ! bien sur, les médecins, pharmaciens, avocats ou journalistes d’origine magrébine sont rares. Mais ils existent. Je pense toutefois qu’ils sont originaires des grandes familles régnantes avant la Conquête.

Il faut signaler une importante catégorie commerçante. Toutes, ou pratiquement toutes, les épiceries sont tenus par des Mozabites (Moutchou), originaire du M’Zab région aux limites du Sahara, je détaillerais plus tard. Sur les marchés, les étals de Fruits et Légumes sont gérés, de génération en génération, par des Indigènes. D’autres commerce de Proximité sont aussi servis par des originaires. Plus le commerce devient « technique » moins il est servi par des indigènes et ne parlons pas des charcuteries !

Le reste des travailleurs indigènes est ouvrier du public ou du privé. Plutôt en bas de l’échelle sociale. Certain peuvent atteindre le niveau encadrement. Ils existent mais ils sont rares. Facteurs, éboueurs, balayeurs, toutes les professions de service sont occupées par des Indigènes.

1128906106_4afdc94fd1.jpgIls sont donc intégrés à la société industrielle et de service. Ils vivent dans des immeubles corrects, à la norme du début du 20 ème, les enfants peuvent fréquenter l’Ecole Publique autant que ce que le petit métropolitain issu de la classe ouvrière peut la fréquenter à l’époque. Les femmes sont centrées sur leur foyer ou assurent des tâches ménagères dans les familles bourgeoises. La condition féminine n’est pas flatteuse mais finalement seul le port du voile (le Haïk) peut distinguer les communautés « ouvrières ».

Au niveau du langage, le Sabir, langue mêlant l’Arabe et le Français se développe. Ce n’est pas tout à fait le Pataouète qui lui est plutôt européen mais l’intégration fera un mélange de ces 2 langages.

 

Lors de mon passage à Alger ou lors de l’écoute de reportages, j’ai toujours été surpris par la qualité du français parlé par les « Vieux ». Même de vieilles dames très âgées, épouse d’ouvrier, s’exprime toujours aujourd’hui dans un français classique hélas peut usité de nos jours par nos contrés. De plus, comme partout, les néologismes sont français ou anglais. Cela donne des conversations amusantes : « Bla Bla Bla Télévision, Bla Bla Bla Téléphone,… ».

 

IMG_2713.JPGNous devons donc constater une société qui évolue avec son temps, selon des principes de Classes et non de Castes, même si les « Colons » sont encore sensibles aux discours de supériorité et ont une place plus élevé sur l’Echelle Sociale. Une société qui s’urbanise au même rythme que les citées métropolitaines, quelles que soient les catégories et les origines sociales.

 

Une dernière pensée : étant donné ce maillage, cette imbrication sociale, lorsque d’aucun de quelque coté qu’il soit, voulu déstabiliser cette société, imaginez le chaos que cela peut représenter et les irrémédiables rancœurs…

28 septembre 2009

Algérie tu me désole !!!

Algérie tu me désole !!!

 

La Plage Thalassa.jpgJe ne suis plus un spectateur assidu de l’émission Thalassa mais je suis quand même attentif au programme proposé chaque semaine.

 

Ce vendredi, le bateau océanographique dont le voyage est le fil rouge de l’année faisait escale à Alger. Les derniers reportages vus sur Lisbonne m’avaient emballé et remémoré de bons souvenirs, je me suis mis avec délectation devant cette émission.

Il faut que je vous rappelle que je crie haut et fort (tiens c’est le nom de mon hébergeur…) que l’Algérie possède la plus belle façade maritime de la Méditerranée et que le gouvernement a décidé « d’ouvrir » le pays au tourisme.

Catastrophe et désolation

Dellys.jpgEt là ! Catastrophe et désolation. Visiblement, les journalistes n’étaient pas les biens venus à Alger. Aucune image d’Alger, des ruptures de faisceau permanentes et bizarrement au moment ou les paroles devenaient critiques, un présentateur très ironique…

Des images de plages publiques bondées, et encore le mot est faible, bordéliques et inhospitalières. D’autres sur une plage privée, plutôt un platier littoral car le sable ne risquaient pas de vous rentrer dans les doigts de pieds, fréquentée par la bourgeoisie algéroise et dont le propriétaire se débat avec l’administration. Dellys, qui portait bien son nom autrefois, en ruine et en désolation. Mostaganem et ses « Boat people » "Les Harragas"

Nous avons même eu droit à une tempête de sable sur Alger (Sydney vient d’avoir la sienne pourquoi pas Alger), un incendie de forêt et même une tornade…

 

Quelle désolation ! Si vous trouvez UN touriste (qui n’ait pas des origines algériennes) qui ait eu envie d’aller passer ses vacances en Algérie présentez le moi, je lui paye le voyage !

Algérie ouvre-toi !

delys.jpgIl est vrai que lors de mon dernier séjour, nous avions consacré la dernière journée à visiter les centres touristiques à la recherche, vaine, d’un havre de vacances familiales. Cependant j’ai eu récemment le témoignage d’une famille (aux racines maghrébines) qui passe ses vacances, depuis 4 ans, dans un hôtel en bordure de plage, un peu plus éloigné d’Alger que mes visites, et je vous assure que ces yeux brillaient à l’évocation de ses dernières vacances.

 

Comment peut-on « s’ouvrir » au tourisme en refusant des reportages étrangers et en proposant des images de désolation ?

 

Algérie mon Amour… tu me désoles.

15 juillet 2009

S'integrer en Algérie

Témoignage très intéressant d'une françaises installée à Alger avec son mari algérien et ses 2 enfants.

bien sur il s'agit d'une famille bourgeoise mais les images et les différents thèmes abordés sont très évocateurs

10 juillet 2009

Clauzel, ma rue, mon école mon marché...

Mon école Clauzel…

IMG_2699.JPGJ’ai retrouvé tous les groupes scolaires que j’avais pu connaître. Mais le seul que j’ai vraiment recherché était l’Ecole Clauzel. Au dessus, la maternelle, je n’y ai fait qu’une année, à coté l’école de filles, domaine réservé, citée interdite, et en dessous, mon école celle des Garçons.

Le bâtiment est parfaitement entretenu, extérieurement seule la grille tôlée est remplacée par un mur de clôture.

Il était tard dans la soirée et je sortais de mon appartement de la rue Warnier. Je n’ai pas eu l’envie d’y pénétrer et je n’ai plus eu l’occasion par la suite. Selon mes informations, l’état algérien a demandé à tous les chefs d’établissement de permettre l’accès aux anciens.

 Je suis entré à l’école primaire je n’avais pas 6 ans puisque je suis du début de l’année. Donc c’était en 1956. Mes débuts en maternelle datent donc de l’année scolaire 1955-1956.

C’est bien cela je me souviens de la ritournelle « Bon voyage monsieur Guy Mollet♫… »

Je suis resté dans le même établissement jusqu’en 1961-62 puisque du primaire nous passions en 6ème dans ce qui devait s’appeler le cours complémentaire.

Si cette école vous concerne et vous intéresse, vous pouvez trouver une liste d’anciens sur le site « Copains d’avant » cliquez vous y êtes.

Le marché et la rue Clauzel

La rue Clauzel est restée telle quelle. Cependant le marché Clauzel est désormais un seul bâtiment qui prend, au sol, toute l’emprise des anciennes halles couvertes. Sauf à traverser ce marché, il faut désormais contourner le bâti pour retrouver la suite de la rue Clauzel.

L’église Saint-Charles

TN_14_saint_charles162_1907_20F.JPG Désormais, elle est devenue une mosquée mais les algérois continuent de l’appeler la Mosquée Saint-Charles. Les parvis des mosquées est le seul lieu ou je n’ai pas senti que j’étais le bienvenu donc je ne vous en dirais pas plus.

Il y a encore quelques temps, la messe était toujours dite à Saint-Charles mais dans la cure d’en face. Le titulaire est décédé. Il a été remplacé par un nouveau curé mais qui est actuellement en formation donc… plus de messe !

Amis visiteurs

Amis visiteurs si vous êtes arrivés sur cette note par le lien Clauzel, c’est surement que vous êtes concernés par cette école, cette rue. N’hésitez pas à vous manifester dans les commentaires, j’aimerais bien retrouver mes vieux copains. Pour le moment je n’en ai retrouvé qu’un seul, deux peut-être.

01 juillet 2009

La Madrague

Le port de la Madrague est situé à l'ouest d'Alger, à quelques vingt kilomètres. Derrière la commune de Guyot ville.

C’était le lieu des rendez-vous galants de la bourgeoisie algéroise, mais les trouffions en goguette aussi avaient bien compris qu’il s’agissait d’un bon plan drague.

La Madrague pouvait être considérée comme le « Saint-Tropez » algérois, amusant non !  lorsque l’on se rappelle le nom de la plage de Brigitte Bardot !

A propos, la madrague est une technique de pêche au filet et au thon, originaire d’Italie. On retrouve cette appellation tout autour du bassin méditerranéen, toujours donc synonyme de pêche au gros.

Alors, la plage était bordée de restaurants, surtout de produits issus de la mer que l’on dégustait en terrasse.

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La Madrague aujourd’hui

Aujourd’hui, c'est un endroit où il n'y a que des cabarets et des bars restaurants. Le plus prestigieux restent "Le Sauveur", tenu par un kabyle, comme la plupart des autres d'ailleurs.

La plage a été reculée au fond d’une baie artificielle et l’espace dégagé est aménagé en quai de promenade.

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C'est aussi un petit port de plaisance et de pêche tout mignon. La nouvelle petite plage ne peut plus accueillir beaucoup de monde.

Ce petit coin tranquille unique en son genre en Algérie, peut être, a résisté durant la décennie noire, pendant que les bars d'Alger et d'ailleurs fermaient sous la pression des islamistes. On vient de loin parfois pour déguster sur les terrasses, les spécialités culinaires essentiellement à base de poisson.

C’est bien pour cela que nous avons été deux fois invités à déjeuner ou à diner « Au Petit Port ».

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Je me suis gavé de crevettes, grillées ou en sauce, de sardines, de rougets, péchés sur place et du matin. Je vous dis pas le régal. De plus c’est à peine au prix d’un repas à la cantine.

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Au fait je l’appelle toujours La Madrague car je n’ai pas réussi à en capter le nom.

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30 juin 2009

Le Littoral Algérois Ouest

Terre de contraste !

Certains aspects sont restés figés d’autres ont beaucoup évolué, pas toujours en bien.

 

Cette région est avant tout, le lieu du débarquement des troupes françaises puis, un siècle après, américaines. Elle fut la première à être « colonisé » au sens agricole. Probablement pour des raisons de sécurité, les colons se sont regroupés en village. Se sont essentiellement des villages-rue bâtis le long de la voie principale, route reliant les villages les uns aux autres.

Tout au long de cette voie, des maisons d’habitation simples mais élégantes, des corps de ferme et des maisons d’ouvriers agricoles plus rustiques.

Les villages

Ces villages, qui s’étagent d’Alger à Cherchell ont gardé leur aspect originel. Les noms sont identiques lorsqu’ils avaient gardé l’appellation arabe, souvent ville a disparu par exemple Mouzaïaville et désormais Mouzaïa, ou ont repris leur nom d’origine. Mais dans le langage populaire ils ont gardé leur appellation.

La route

Il y avait deux façons de traverser cette région, la route littorale, toujours très encombrée, et la route Nationale à flanc de coteau. Aujourd’hui, cette route a été doublée par une voie rapide qui rejoint Alger, quand tu l’as trouvé dans les spaghettis algérois, à Tipaza. Mais : la circulation !!!

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Les constructions nouvelles

Ces villages ont subis l’exode rural et il faut bien loger les familles. Comme je l’ai dit, le vieux village n’a pas changé, par contre, les coteaux environnants ont été urbanisés par de grandes citées, aujourd’hui plus élégantes en architecture et en couleur, mais la tradition orale veut que les infrastructures de désertes et sanitaires ne soient pas à la hauteur des ambitions des urbanistes. Alors …

Les plages et les complexes touristiques

Deux grands complexes touristiques ont été implantés sous la direction architecturale de Fernand Pouillon. L’un à Tipaza et l’autre à Staoueli-Sidi Ferruch. Inutile de vous préciser que les grandes plages concernées ne sont plus celles qui ont abrité nos sorties dominicales.

Ailleurs, par contre, rien n’a changé mais la qualité des eaux de baignade a perdu sa réputation.

 A Staoueli-Sidi Ferruch, si le vieux village est intact, il y a seulement moins de barbecues tout au long de la rue principale, l’arrivée sur la plage est totalement différente. Des hôtels ont investi la forêt, et la plage est désormais encerclée d’hôtel et de centre de loisirs.

De loin cela ressemble à ce que nous pouvons désormais trouver sur les cotes d’Azur ou Catalane. Ce n’est pas moi qui ai connu Fos sur Mer la Sauvage, qui vous dirais le contraire.

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Mais, car il y a toujours un mais. Les touristes sont beaucoup moins nombreux, pour ne pas dire inexistants, que les familles sans logement. Alors, les hôtels de tourisme sont devenus des hôtels d’habitation. Les chambres sont occupés à l’année, apparemment par des classes moyennes mais les structures d’accueil sont désaffectées : les piscines sont vides, l’accès à la plage est barré par de gros cadenas, les stations d’épuration sont vides, cependant les sites sont toujours gardé à l’entrée. Ce qui me fait dire que c’est certainement une bonne solution pour des familles aisées mais plus pour les touristes. Ne peut-on pas dire la même chose à propos de la Grande-Motte par exemple ?

Cette fois, je ne me suis pas approché assez du complexe de Tipaza pour pouvoir en parler.

Enfin, le centre de loisirs est très couru par les algérois le vendredi, les infrastructures paraissant fonctionner normalement. Le port de Sidi-Ferruch m’a paru bien changé. Mais au fond, le vivier est toujours en place mais entouré de bâtiments.

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26 juin 2009

Les églises d’antan.

En préparant mon voyage, j’avais été surpris de constater qu’il y avait encore une douzaine d’églises du diocèse d’Alger ou la messe était dite chaque Dimanche et deux ou elle était journalière.

En fait, tant qu’il y a un prêtre, les messes sont dites régulièrement mais dans une salle proche de l’ancienne église, un presbytère, une cure…  Mais le clergé vieillit.

Certaines églises avaient été construites avant la conquête française pour servir de Mosquée. Bien évidemment, elles sont devenues ou redevenues des mosquées. Par exemple, la vieille cathédrale d’Alger, sous la Casbah.

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D’autres, ont été transformées en Mosquée mais ont gardées la particularité d’être toujours dénommée par leur saint d’origine. Mosquée Saint Charles par exemple.

 

La plupart des autres églises sont devenues des lieux culturels, bibliothèques le plus souvent. Mais l’architecture extérieure est conservée.

Deux lieux de culte catholique sont encore consacrés, gardés, entretenus, rénovés : Notre Dame d’Afrique (voir ma note précédente) et la cathédrale du Sacré Cœur.

La cathédrale du Sacré Cœur

Pour moi, cet édifice est un chantier perpétuel. Située sur les hauteurs du Boulevard Michelet, pendant toute ma période algéroise elle a été en construction.

En fait, elle a été consacrée en 1966 et a remplacé la vieille cathédrale.

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Extérieurement, elle fait penser à une tour de refroidissement de centrale nucléaire. Ce qui devait certainement devenir le parvis est occupé par une station service. Elle est encastrée dans un secteur urbanisé et son abord extérieur est difficile.

Par contre l’intérieur est très élégant, sobre. Je dois dire que si j’apprécie beaucoup les constructions religieuses en tant que œuvre architecturale, j’ai du mal avec l’architecture moderne de ces édifices. Là tout est gracieux, élégant et inspire au recueillement.

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Face à la nef, une des mosaïques de la première église chrétienne recensée à Orléansville.

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Dans la crypte, la plupart des prêtres ayant marqué l’Algérie a été regroupée et inhumée.

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24 juin 2009

Notre Dame d'Afrique priez pour nous et pour les musulmans

 

Notre dame d'afrique.jpgComment rendre visite à Alger sans aller se souvenir et méditer à Notre Dame d’Afrique ? Ce lieu mythique et mystique d’Alger.

Tout d’abord il faut préciser que cette basilique est en complète rénovation. Les travaux sont bien avancés et, de ce que l’on peut découvrir actuellement, on peut déduire que ce sera un magnifique édifice religieux.

 

Ensuite et surtout, j’ai été frappé de constater l’action et les déclarations de cette lignée d’archevêques qui a présidé aux diocèses d’Algérie. Tout n’est qu’humanisme, fraternité, égalité. Une fois de plus, le vieux laïcard que je revendique être ne peut que s’interroger sur ce qu’aurait pu être l’Algérie si nos gouvernants s’étaient inspirés du clergé…

 

Je repense à la caricature du dernier archevêque d’Alger avant l’indépendance, qui avait été baptisé Mohamed Duval et si on l’avait plutôt écouté !

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Une basilique chrétienne dans un pays musulman

La basilique Notre-Dame d'Afrique a été édifiée grâce à la foi et à la ténacité de deux chrétiennes, Marguerite Berger et Agarithe Cinquin. Elles ont su convaincre l'évêque d'Alger de l'époque, Mgr Pavy (1846-1866) d'entreprendre la construction de l'édifice (1846-1866) qui fut finalement inauguré par le Cardinal Lavigerie en 1872. Depuis, cette église a été un lieu de prière et de pèlerinage pour des générations de chrétiens qui venaient y prier pour eux-mêmes, pour leurs enfants, pour les marins en mer, pour les missionnaires partis au loin annoncer l'Évangile, pour les combattants, les prisonniers ou les malades. Cette histoire est racontée avec ferveur et exactitude dans ce livret qui présente ainsi toutes les étapes de l'histoire de l'Église d'Algérie inscrites dans l'édifice.

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Mais ce qui, dès le début, allait donner à Notre-Dame d'Afrique sa signification particulière, ce fut l'affluence en ce sanctuaire de la population algérienne musulmane. Très tôt, en effet, elle devait s'associer à l'humble pèlerinage de Notre-Dame du Ravin, avant de venir visiter Lalla Meriem dans la basilique même. L'inscription de l'abside est d'ailleurs présente jusqu'à ce jour pour donner cette dimension de la prière dans la basilique :

 

«Notre Dame d'Afrique priez pour nous et pour les musulmans. »

 

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Dépassant les barrières établies par les docteurs de la Loi entre les confessions religieuses, la foi toute simple des croyants venait, en ce lieu, prier Marie, parfois sans savoir que l'une des sourates du Coran porte le nom de Marie, seule femme désignée par son nom dans le livre de l'islam, et bien souvent en ignorant qu'un autre texte rejoignait les paroles même du « Je vous salue Marie », ou celle de la rencontre entre Marie et Elisabeth au jour de la Visitation: «les anges dirent: ô Marie! Dieu t'a choisie, en vérité, il t'a préférée ; il t'a choisie de préférence à toutes les femmes de l'Univers» (sour. III, v. 42).

Les savants du christianisme et de l'Islam cherchent dans leurs sources les arguments théologiques qui peuvent fonder le respect et la paix entre les deux confessions. Mais la simplicité de cœur des croyants ordinaires les conduit, tout naturellement ensemble, vers la maison de Marie - Madame l'Afrique - pour y présenter à Dieu leurs supplications ou leur action de grâce. Les murs de la basilique témoignent de cette ferveur et rendent visible la foi des humbles, priant Dieu avec Marie.

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Cette vénération qui dépasse les frontières des communautés religieuses vient de trouver une consécration très significative, à travers l'engagement ensemble de structures publiques ou privées algériennes, françaises ou européennes, dans ce grand œuvre de la restauration de la basilique. L'effort, plus que jamais nécessaire, pour établir la paix entre les deux grands univers chrétiens et musulmans, trouve donc, dans la basilique de Notre Dame d'Afrique, un symbole éloquent, placé au-dessus du quartier populaire de Bab el Oued et visible dès l'entrée dans la baie d'Alger pour qui s'approche de la ville en bateau. C'est un don de Dieu pour la Paix et il nous est donné sous le vocable de «Notre Dame d'Afrique ».

Alger, 8 décembre 2007 en la Fête de l'Immaculée Conception + Henri TEISSIER

 

 

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16 juin 2009

Mes émotions

 

En préparant ce voyage, je pensais être, en permanence, envahi par l’émotion. J’avais même mis plusieurs paquets de mouchoir en papier dans mon sac à dos.

En fait, j’ai eu beaucoup moins d’émotions profondes que je ne le pensais. J’en homologue trois.

 

Le Chénoua

Une amie m’avait demandé de faire un geste pour elle sur une plage entre Tipaza et Cherchell.

Alors que je n’étais pas concerné par ses ancêtres, j’accomplis ce geste mais non sans une émotion certaine.

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Cimetière Bru

Nous visitions notre cinquième cimetière et dans celui-ci je ne pensais pas y avoir d’aïeux. A peine passé le portail d’entrée, des frissons m’ont parcouru tout le corps, j’étais une véritable antenne parabolique. Nous étions Vendredi, à l’heure de la prière, et nous n’avons pas eu accès aux registres. Je suis persuadé que Kader, à son retour de Suède, ne manquera pas de fouiller cela.

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Plage de La Casserole

IMG_2865.JPGC’est la plage de ma tendre enfance, celle ou nous allions, en bus, le dimanche matin, mon père et moi, et uniquement nous deux. C’est là que j’ai commencé de barboter, c’est là que j’ai nagé sans le savoir, c’est là que j’ai regardé les poissons pour la première fois avec le masque offert par le Père Noël. C’est aussi en allant là que j’ai pris ma vocation de chauffeur de Bus ce qui explique surement le fait que j’ai eu du mal à la retrouver.

A 2 km près, je savais qu’elle se trouvait sur la corniche entre Saint Eugène et les Deux Moulins. Nous avons plusieurs fois parcouru cette corniche mais je pensais que je devais la faire à pied pour avoir des chances de repérer l’escalier de descente parmi tant d’autres. Finalement, Liass se renseigna auprès d’un ancien algérois qui lui indiqua précisément l’endroit. Je ne la voyais pas si loin mais Liass insista et à la descente de voiture…

C’est la plage des Casseroles ! en fait de la Casserole.

Et ce fut ma plus grosse émotion, jusqu’au soir.

En fait, je pense qu’il s’agit de notre coin d’Algérie, mon père et moi, le seul qui nous était exclusivement réservé, le seul ou nous étions seuls au monde lui et moi, moi et lui.

Comme je l’ai dis dans la voiture au retour, après ils me l’ont pris.

Ce n’est surement pas un hasard si, lorsque j’ai eu pour la première fois l’idée de faire disperser mes cendres c’est à la Plage de la Casserole que j’ai pensé. J’ai depuis fait un petit tour du monde mais je crois que je dois confirmer mon choix initial.

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Les casserolles 2.jpg

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