Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04 janvier 2011

Emeutes ?

IMG_2763.JPG

A mon retour d'Algérie, j'avais parlé de cette époque dramatique dénommée Les Années Noires.

Cette période de Guerre civile qui a totalement traumatisé les Algériens. On évoque 300.000 décès. Qui a duré 10 ans et qui n'est pas totalement terminée, même si cela s'est bien estompé ou replié sur le Soudan.

Il faut remarquer le silence médiatique à ce sujet. L'Europe ne risquait pas de s'indigner, elle ne savait pas ou plutôt on ne voulait pas qu'elle sache.

Pour les anciens algériens qui ont vécu la Guerre d'Algérie, depuis 50 ans il n'en reste plus beaucoup, cette période a très largement effacé ou pour le moins estompé cette première période de conflit.

Aujourd'hui, et encore sous la chape de Plomb, se sont les jeunes qui se révoltent et cette fois, il ne semble pas que les Islamistes les téléguident.

Que faire pour obtenir, un logement, l'eau potable, l'électricité, un emploi, … ?

L'émeute ! Répondent les jeunes algériens.

D'un bout à l'autre du pays et en l'absence de toute perspective politique, c'est leur riposte à la "mal-vie" qui pourrit le quotidien.

Les dernières statistiques montrent une augmentation des interventions pour des atteintes à l'ordre public. La gendarmerie est intervenue plus de 80.000 fois dans les 6 premiers mois de 2010 !

Quelque chose brule toujours quelque part. Y compris le drapeau algérien, carbonisé par les émeutiers désespérés.

Triste, je suis triste !

07:43 Écrit par Pataouete dans L'Algérie | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags : algérie, émeutes

30 décembre 2010

Température extérieure 20°

Les épisodes neigeux de ces derniers temps et le retour au pays d'un jeune ami étudiant et artiste tunisien ont ravivé des souvenirs personnels. Du genre de ceux que mon copain alsacien adore.

Décembre 1962. Mon père est déjà reparti depuis quelques temps, encore une séparation, reprendre son poste en Gare de l'Agha à Alger. Nous devons, ma Mère et moi, le rejoindre pendant les vacances de Noël. Je suis radieux dans cette perspective mais, comme je l'ai déjà raconté, cet épisode ne passera pas les vacances d'été.

Première étape, Arles ou nous passerons Noël dans l'attente du vol prévu pour le 31 au Mas de L'Ilon dont j'ai aussi parlé. Le lendemain de notre arrivée, catastrophe ! Une profonde couche de poudreuse recouvre la vallée des Baux et nous voila isolés au fin fond d'un petit chemin vicinal. En ce temps là, figurez-vous les jeunes, le congélateur n'avait pas encore rejoint nos vertes campagnes et mon Parrain Auguste et Angèle vivaient surtout en autarcie avec quelques excursions au village surtout pour le Pain et le Lait. Qu'est-ce que nous allions manger ?

Heureusement, un furet, le furet fugueur avait pénétré le poulailler et saigné la plupart des volailles y séjournant. "Non de Diou ! de non de diou ! coquin de boudiou !" j'en passe et des meilleures. Mais, les premiers instants de stupeur passés, nous avions de la viande pour plusieurs jours. Nous n'avions plus qu'une chose à faire, batifoler dans la poudreuse ce qui était pour nous à l'époque une vrai découverte.

Neige au mas 2.jpg

Si je vous raconte cela c'est pour situer le début de notre histoire : il gèle en Provence !

Le 31, direction Marignane ou un gentil avion, encore à hélices, va nous ramener chez nous et près de mon père.

Nous atterrissons sans encombre à Maison Blanche en début de soirée, ma mère respire enfin, elle n'a jamais aimé l'avion. Les passagers enfilent leurs pelures lorsque le commandant de bord annonce : nous sommes à Alger Maison Blanche et la température extérieure est de 20°. Tout l'avion soupire d'extase et remballe ses pelures. Moi, je jubile, c'est le retour du Bonheur, j'ai retrouvé mon pays, mon père, mes parents. Hélas….

S'il te plait Medhi, dessines moi un Soleil !

IMG_3003.JPG

07:27 Écrit par Pataouete dans L'Algérie | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : algérie, alger, arles

26 décembre 2010

Ô Biskra ! Une enfance Algérienne

O Biskra.jpg

Pierre-Philippe Barkats

 

Ô Biskra

Une enfance algérienne

 

- Et toi, me dit Jean-Marie Le Clézio alors que nous avançons tous deux, seuls face à la maison délabrée de sa grand-mère à Douarnenez, tu retournerais à Biskra?

- Non.

- Tu devrais écrire sur Biskra, Pierre, insista-t-il quelques instants plus tard à table.

- Pourquoi?

- Parce que «ce temps de guerre d'Algérie n'a pas fini de nous troubler», a-t-il répété dans une lettre qu'il m'a adressée peu après.

 

Je veux la maison où je suis né.

Je veux la ville où j'ai vu le jour. Je veux qu'on me rende mon pays: l'Algérie de mon enfance. Et avec elle, oui, « une certaine idée de la France », selon la belle expression de Charles de Gaulle.

Pour nos enfances, vies perdues au fond du Sahara, de nos Saharas. J'ai voulu consigner, témoignage de guerre et d'amour, ce récit qui vit en moi depuis cinquante ans. Il est dédié à une France et un monde meurtris par la violence de ce conflit, et à tous ceux dont « les Cœurs, comme me l'a écrit Jean-Marie Le Clézio, ne cessent d'être "rongés" par la guerre d'Algérie ».

C'est lui, Jean-Marie Le Clézio, désormais Prix Nobel de littérature, qui m'a dit, tenant mon manuscrit, alors que nous nous retrouvions à Stockholm pour la remise de son Prix: « C'est important, Biskra.»

Pierre-Philippe Barkats

 

Pierre-Philippe Barkats est un enfant de Biskra.

Aujourd'hui avocat près la Cour Suprême des États-Unis, il vit à Washington avec sa femme et ses trois enfants.

(NDRL : ma parole dii y'avait pas que des imbéciiles en Algérie ! )

Pierre-Philippe Barkats est l'auteur de "Ma très chère Françoise", livre écrit en hommage à son père et à Françoise Giroud, rescapés de la Deuxième Guerre mondiale, dont l'un a formé une famille au fin fond du Sahara dans la capitale des dattes, Biskra - et l'autre, Françoise Giroud, a redéfini, notamment avec l'hebdomadaire L'Express, l'information juste, et aussi, comme secrétaire d'État sous Giscard, une certaine idée de la femme, et de la culture.

L'auteur a également publié chez Casterman une bande dessinée particulièrement appréciée des critiques et media. Ô Biskra. Une enfance algérienne est son troisième ouvrage.

 

Biskra : fleur sans Brouillard.

10:15 Écrit par Pataouete dans L'Algérie, Livre | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : algérie, biskra, pierre-philippe barkat

22 décembre 2010

Le Testament du Frère Christian

Le Frère Christian de Chergé, prieur du monastère de Tibhirine, avait laissé à sa famille en 1994, deux ans avant le drame de Tibhirine, ce testament spirituel :

 

Moines 2.jpg« S’il m’arrivait un jour – et çà pourrait être aujourd’hui – d’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j’aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille, se souviennent que ma vie était DONNÉE à Dieu et à ce pays.

Qu’ils acceptent que le Maître Unique de toute vie ne saurait être étranger à ce départ brutal. Qu’ils prient pour moi : comment serais-je trouvé digne d’une telle offrande ? Qu’ils sachent associer cette mort à tant d’autres aussi violentes laissées dans l’indifférence de l’anonymat.

« Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre. Elle n’en a pas moins non plus. En tout cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance. J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde, et même de celui-là qui me frapperait aveuglément. J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu et celui de mes frères en humanité, en même temps que de pardonner de tout cœur à qui m’aurait atteint.

« Je ne saurais souhaiter une telle mort. Il me paraît important de le professer. Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j’aime soit indistinctement accusé de mon meurtre. C’est trop cher payé ce qu’on appellera, peut-être, la « grâce du martyre » que de la devoir à un Algérien, quel qu’il soit, surtout s’il dit agir en fidélité à ce qu’il croit être l’islam.

« Je sais le mépris dont on a pu entourer les Algériens pris globalement. Je sais aussi les caricatures de l’islam qu’encourage un certain islamisme. Il est trop facile de se donner bonne conscience en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes. L’Algérie et l’islam, pour moi, c’est autre chose, c’est un corps et une âme. Je l’ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j’en ai reçu, y retrouvant si souvent ce droit fil conducteur de l’Évangile appris aux genoux de ma mère, ma toute première Église, précisément en Algérie, et, déjà, dans le respect des croyants musulmans.

« Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf, ou d’idéaliste : « Qu’il dise maintenant ce qu’il en pense ! » Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité. Voici que je pourrai, s’il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec Lui Ses enfants de l’islam tels qu’il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruits de Sa Passion, investis par le Don de l’Esprit dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.

« Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur, je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue tout entière pour cette JOIE-là, envers et malgré tout. Dans ce MERCI où tout est dit, désormais, de ma vie, je vous inclus bien sûr, amis d’hier et d’aujourd’hui, et vous, ô amis d’ici, aux côtés de ma mère et de mon père, de mes sœurs et de mes frères et des leurs, centuple accordé comme il était promis!

« Et toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’aura pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je le veux ce MERCI, et cet « A-DIEU » envisagé de toi. Et qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s’il plaît à Dieu, notre Père à tous deux. Amen ! Inch’Allah. »

Après cela, croyants et non-croyants, nous n'avons plus qu'à fêter NOËL !

 

20 décembre 2010

Je suis Emmanuel Audrain,

Audrain.jpgJe suis Emmanuel Audrain,

le réalisateur du film-documentaire "Le testament de Tibhirine", tourné en 2005

Mai 2010. Paris.

Quelques jours après le Festival de Cannes, les proches et les familles des moines, sont invités à découvrir Des hommes et des dieux, le film de Xavier Beauvois, qui vient de recevoir Le Grand Prix. "Nous aimerions vivre ce moment, avec toi, me disent les nièces de Paul ". Un saut dans le TGV (je vis en Bretagne) et me voilà au milieu de beaucoup de visages connus. Le film commence. Je suis d'abord troublé de ne pas retrouver les paysages et les lieux de Tibhirine (tournage au Maroc). Il me faut un peu de temps pour que chacun des comédiens incarne chacun des moines. Puis, la magie du cinéma opère. Deux heures durant, je suis emporté par un récit puissant et juste.

« Pourquoi sont-ils restés ? »

Moines_de_Tibhirine.png

Cette question, était le cœur de mon documentaire. La voici traitée, avec les moyens de la fiction. Le scénariste Etienne Comar et le cinéaste Xavier Beauvois ont fait un beau travail d'adaptation, de création. Peu de mots. Des chants et des visages « habités », font revivre les sept moines ... Avec leur cœur, leur foi et leurs mains nues, les voici confrontés à la violence. Celle des « frères de la montagne », celle des « frères de la plaine ". Résistants et solidaires malgré la peur, les moines bouleversent les spectateurs. Quand le film s'achève, ma voisine de droite, Annick (nièce de « Paul» ) jette un regard vers notre voisine de gauche, sa belle sœur Algérienne. Celle-ci, dit: « Ces moines ont tant aimé mon pays, qu'ils me donnent envie de le considérer à nouveau. Et de garder espoir! »

 

À l'issue de la projection.

Nous nous retrouvons tous avec émotion, autour d'Henry Quinson, le «Conseiller monastique » du film. C'est lui qui a proposé les différents psaumes et chants qui le ponctuent. Henry a connu plusieurs des moines, traduit et adapté le livre de l'Américain John Kiser« Passion pour l'Algérie ». La justesse de ton, du film, lui doit certainement beaucoup. Quand Annick lui demande : «Mais, d'où vient-il, ce film? », il répond, en se tournant vers moi:

- « Emmanuel, y est un peu pour quelque chose ...

C'est en découvrant son Documentaire « Le testament de Tibhirine », un soir très tard, à la télévision, qu'Etienne Comar, le scénariste, a été touché par cette histoire et a eu le désir d'écrire cette fiction. »

Je ne savais pas que mon travail avait été« l'étincelle » (ou l'étoile) qui a mis en route Etienne Comar. C'est bien.

Faire advenir "la deuxième histoire» de Tibhirine ...

La « première histoire » de Tibhirine, elle est connue de chacun de nous et du monde entier. Elle a fait la Une de tous les médias, en 1996 ( et encore aujourd'hui ). Il y est question de terreur, de Groupes Islamistes Armés, de Services secrets, de cercueils remplis de sable et de mensonges d'Etat. .. Cette histoire-là, s'attache bien peu aux moines. À chaque fois, je la trouve sinistre, désespérante. (Pourtant, la vérité doit être dite, « officiellement ». )

La "deuxième histoire" de Tibhirine,

Date_de_creation_du_monaster.pngCelle de l'amitié de ces moines pour ce pays d'Algérie et pour son peuple. Cette relation, tissée depuis des dizaines d'années, avec la patience du fil des jours, elle est Belle. Elle a failli passer inaperçue. L'actualité, dévoreuse d'événements, va si vite. Sans « le testament » de « Christian », cette seconde histoire aurait-elle été soupçonnée? Aurait-elle été entendue? C'est, huit jours après l'annonce de leur mort, que « le testament» est publié dans La Croix, puis dans toute la presse. Je le découvre dans mon journal de tous les jours. Je le lis, le relis. Étonné, bouleversé. Un homme, aujourd'hui disparu, me parle de ses choix de vie. Comme il me touche, son amour inconditionnel pour l'Algérie et les Algériens. Son respect pour l'Islam. Son pardon, offert ... Avec ce texte, Christian et sa communauté viennent de reprendre la parole, et aussi simplement qu'ils avaient vécu, ils donnent les clés de leur présence, en ces lieux et ces temps, si troublés. Soudain, j'éprouve de la gratitude pour ces sept moines (à l'époque, je suis bien loin de penser que cela me conduirait à réaliser « Le testament de Tibhirine » ).

Deux ans plus tard. juillet 1998.

C'est au Pèlerinage islamo-chrétien de Vieux-Marché (toujours en Bretagne ), que je rencontre la sœur et le beau-frère de "Célestin ". Ils connaissent bien Tibhirine, pour y être allés plusieurs fois. « Viens nous voir, à Nantes. » Ce que je fais. Ils aimeraient que je réalise un film sur Célestin. L'homme est attachant. Pourtant, ce qui me captive dans leurs propos, c'est tout ce qui concerne la vie de "la communauté ". Les liens avec le village de Tibhirine. Les liens des moines, entre eux. Je découvre des personnalités fortes, traversées de tensions et d'oppositions. Leur unité, elle se fonde sur leur attachement à ce pays et à leurs voisins. Désormais, je comprends mieux pourquoi ils sont « restés ".

Sur le pas de leur porte, quand je les quitte, ils ont bien perçu mon désir de film et me disent : « La famille de Michel est toute proche, l'Abbaye de Bellefontaine, aussi. La maman de Christophe, guère plus loin. » C'est ainsi que je commence un tour de France des familles et des monastères. Vendôme, Rennes, Bordeaux, Aiguebelle - Montélimar, Thonon, Paris.

J'écris un premier projet de Documentaire « Rester à Tibhirine ", qui devient assez vite « Le testament de Tibhirine ». Nous sommes en 2000. Gilles Padovani, mon producteur, le propose aux responsables des différentes chaînes de télévision. Sans succès. On lui dit: « Cette histoire n'intéresse qu'un tout petit public. Par contre, il y a une enquête à faire sur les GIA, les rivalités entre services secrets ... » Merci bien. Ce n'est pas notre projet. (Finalement, c'est l'approche du "dixième anniversaire" - 2006, qui décide une chaîne du Service public à entrer en coproduction.)

Automne 2004. Premier tournage en Algérie.

Portraits_des_frères_de_la_cté_de_Tibhirine_Midelt_Maroc.jpgLe neveu de Frère Luc m'accompagne, il me montre le chemin. J'ai choisi de filmer seul, discrètement. En 2005, je fais deux autres séjours. 48 jours, en tout. C'est beaucoup. Sur un plan économique, ce n'est pas raisonnable, mais je souhaite tellement recueillir la parole des "voisins" et amis algériens des moines. Je commence plusieurs tournages à Alger, Tibhirine, Médéa. Je sens qu'il me faut du temps. "Je vais revenir ", dis-je à chacun. Et je reviens. Mais, mes différents témoins se récusent, les uns après les autres. L'un me confie: « Parler de cette " décennie sanglante " ( les années 90 ) dans un film qui va passer à la télévision, c'est se mettre en danger. " (J'avais deviné).

Mon "témoin algérien", c'est en France que je le découvre. Rachid, le mari d'Annick, une des nièces de "Paul", est Algérien. Avec leurs trois jeunes enfants, ils vivent à Thonon-les-Bains. Le tournage se fait en plusieurs étapes, et Rachid (aux côtés d'Annick) trouve les mots pour dire combien le séjour qu'ils ont fait à Tibhirine, a marqué leurs vies. Les moines parlent l'arabe et connaissent mieux que lui, l'Algérie et l'Islam. Il est bouleversé de l'intérêt que ces hommes d'âge mûr, portent "à un jeune Beur". "C'est eux, dit-il tranquillement, qui m'ont le plus donné ".

Lentement, en les voyant vivre, j'ai compris qu'on peut être "grand", autrement que par le fric, la violence ou "la sape". Ils m'ont ouvert un avenir... La qualité du cœur, la droiture. L'honnêteté. "

En 2006, mon documentaire est diffusé sur France 3 ("Tard dans la nuit" - effectivement).

« Le testament de Tibhirine" capte l'attention d'Etienne Comar, scénariste. La suite est connue. Le cinéaste Xavier Beauvois y a ajouté tout son talent. Et aujourd'hui, "Des hommes et des dieux" rencontre un public de plus en plus large.

"Le testament de Tibhirine", pour sa part, continue sa route à travers l'édition DVD et de nombreuses Projections-débats. Les deux films - qui reviennent sur les mêmes faits - s'enrichissent mutuellement. Belle surprise.

La « deuxième histoire" de Tibhirine se poursuit. C'est bien.

 

Lorient, 2010 emmanuel.audrain@orange.fr

Le testament de Christian.

Vous pouvez l'entendre dans ce DVD.

Vous le retrouverez aussi, sur le site du Film: www.letestamentdetibhirine.com