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14 novembre 2010

Les Nouveaux Versaillais

 

Un article de Jack Dion.

Renault.jpgRégulièrement, de grandes âmes regrettent que les jeunes perdent le sens de la nation, et qu'ils ignorent tout ou presque des vertus du civisme.

Quand les Bleus sont alignés en rangs d'oignons avant un match de foot, tout le monde surveille les lèvres des 11 heureux élus, pour discerner ceux qui chantent la Marseillaise et ceux qui sont indignes du drapeau tricolore .

Or les gardiens de la foi nationale se gardent bien d'appliquer les mêmes critères à l'élite des affaires. A leurs yeux, le « patriotisme économique» est la marque ultime de la ringardise, de l'archaïsme, voire du nationalisme. Le critère suprême de la modernité impose de ne jurer que par la mondialisation, la délocalisation et l'expatriation, sans que personne daigne établir le bilan d'une stratégie encouragée par les grands prêtres de l'orthodoxie économique.

Voici ce que l'on peut lire dans le magazine l'Expansion: « Depuis trois ans, les ténors du Cac 40 se délestent chaque mois de 1 900 salariés français, mais, dans le même temps, augmentent leurs effectifs à l'étranger de 7600 personnes. » Ainsi, Vallourec, leader mondial du tube sans soudure, est devenu un groupe plus brésilien que français. Renault vend en France des Mégane importées d'Espagne ou des Twingo venues de Slovénie. Aujourd'hui, plus de la moitié des effectifs de l'ancienne régie nationale se trouvent à l'étranger, non seulement pour conquérir de nouveaux marchés, mais aussi pour fabriquer des voitures ensuite réexportées vers l'Hexagone.

Sans s'offusquer d'une telle évolution, l'Expansion constate: « Sevrées d'investissement, les usines françaises risquent de jouer les seconds rôles. » La recherche suit le mouvement, avec les conséquences que l'on imagine pour le futur. Les stars du CAC 40 vont même jusqu'à pointer aux abonnés absents au moment de remplir leur devoir de contribuable. Toutes, ou presque, ont des boîtes aux lettres dans des paradis fiscaux. Conclusion de l'Expansion: « Grâce aux filiales étrangères, le CAC 40 économise ... 4,7 milliards d'euros. » C'est autant de perdu pour les recettes de l'Etat - cet Etat honni, vilipendé, mais que l'on n'hésite pas à mettre à contribution si nécessaire.

A ce rythme, le fantasme des déclinistes pourrait devenir réalité. La France risque de s'appauvrir, de s'effilocher, de se rabougrir. Pourtant, il n'y a nulle fatalité. Si la croissance est faiblarde, si le chômage reste aussi massif, si les salaires demeurent aussi bas, si les cotisations sociales sont à la traîne, c'est en raison d'un choix délibéré qui consiste à profiter du libre-échangisme ~ et du dumping salarial pour ~ organiser la fuite des capitaux, sans le moindre état d'âme, en vertu des dogmes du  néolibéralisme.

Selon les dernières statistiques, les vedettes de la bourse de Paris disposent d'un matelas de cash de près de 150 milliards, en hausse de 5 % en un an. Interrogés sur l'utilisation prévisible d'un tel pactole, les « experts» indiquent deux pistes : les dividendes versés aux actionnaires et de nouvelles acquisitions à l'étranger. Investir et créer des emplois en France ? L'hypothèse est jugée au mieux loufoque, au pire absurde.

Apprendre la Marseillaise aux jeunes de banlieue, c'est très bien. Mais il faudrait songer à en faire autant avec ceux des beaux quartiers, afin que les futurs managers ne fassent pas comme les Versaillais de 1789 émigrés à Coblence, qui croyaient emporter la patrie à la semelle de leurs souliers dorés.

07:06 Écrit par Pataouete dans La poulitique | Lien permanent | Commentaires (18)

12 novembre 2010

L’Amérique risque son dollar dans une relance massive

petit prince.jpg

A quelques jours du G20, les États-Unis ont décidé d'injecter dans leur économie 600 milliards de nouveaux dollar à rebours des politiques restrictives menées en Europe. Le Plan de relance est sensé redonner espoir aux américains englués dans la récéssion et redonner un nouvel élan à l'industrie américaine.
« Tigre de papier ». En 1956, Mao, p résident d’un pays exsangue mais riche de ses centaines de millions d’habitants, désignait ainsi les États-Unis. Si l’homme au petit livre rouge avait alors ajouté « vert » à la fin de sa phrase, vert comme la couleur du dollar, sa pensée aurait sans doute eut l’avantage de la prophétie. 54 ans plus tard, le roi dollar est, en effet, plus que jamais, dans la tourmente. En décidant d’imprimer des dollars pour un montant record de 600 milliards, l’Amérique semble prête à jouer le tout pour le tout. Incapable de trouver un modèle de croissance propre à sortir le pays d’un taux de chômage enkysté à 9,7% (en réalité 20% de personnes hors de l’emploi) et 42 millions de citoyens abonnés au « food stamp » (aide alimentaire), les  États-Unis semblent prêts à risquer l’un de leurs principaux atouts : leur monnaie. Car en injectant pour 600 millions de nouveaux dollars dans l’économie étasunienne, et donc dans l’économie monde, ce que les économistes nomme « quantitative easing » (QE2) va déprécier la valeur réelle d’un billet vert de près de 20 %. Un joli coup de pouce en perspective pour la compétitivité des produits « made in USA ».
Cette fois l’arme monétaire, et non budgétaire, est donc utilisée. Il faut dire que cette dernière n’est plus de mise depuis la défaite d’Obama et l’arrivée à la Chambre d’une majorité Républicaine, étrangère à toute relance de type keynésienne. Ce sera donc une relance d’un nouveau type (enfin nouveau dans la mesure, où cette politique a été bannie des livres académiques d’économie depuis 30 ans) : une relance monétaire. Autrement dit, l’enfer selon les monétaristes néo-libéraux.

07:16 Écrit par Pataouete dans La poulitique | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : usa, dolar

11 novembre 2010

Hommage

poilus.jpg

Je voudrais aujourd'hui rendre hommage à toutes les victimes de la barbarie humaine, civiles ou militaires , hachées menues et sans distinction par toutes les Guerres même celles qui n'en porte pas le nom.

Le champ d'honneur
Est un grand chant voilé
Le champ d'horreur
Est un grand chant brisé

On sait déclarer la guerre
Quelle guerre ?
On ne sait pas déclarer la Paix
Mais quelle Paix ?

Lazare Ponticelli de la der des der
Est parti comme un saint naguère
Rejoindre tous les autres sans remords
Eux ,qui ne savent pourquoi ils sont morts

Si les tranchées se sont tues
Les Poilus ne sont plus
Toutes ces croix blanches au lointain
Et tous ces regards éteints

Le champ d'honneur
Est un grand chant voilé
Le champ d'horreur
Est un grand chant brisé

Je te le dis madame la Lune
Chantant dans l'ivresse
Et éclairant à la sagesse
Sans aucune rancune

Mais sans aucune rancune

Poème écrit le 11.11.2010

Pierre

10:05 Écrit par Pataouete dans Mes humeurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : hommage

10 novembre 2010

La Grande Régression Jacques Généreux

Grande regression.jpgAvec une rare clarté, Jacques Généreux, explique d’abord en quoi la crise mondiale en cours est l’effet inéluctable des politiques qui, depuis trente ans, ont promu un système vraiment capitaliste et l’essor mondial d’une véritable économie de marché, à l’exact opposé du mouvement engagé par les deux générations précédentes.

Toutefois, la crise économique n’est qu’un avatar d’un plus vaste mouvement de régression de la civilisation moderne. Au terme d’une quête perpétuelle d’émancipation des individus, s’est installé un hyper individualisme qui efface les repères moraux, détruit les liens sociaux et limite l’épanouissement personnel à la compétition permanente pour l’accumulation des biens. Il s’ensuit une mutation culturelle qui a d’abord favorisé le culte fou du marché et la fuite en avant consumériste qui détruit l’écosystème.

Mais ensuite, la violence comme le désordre social et international exacerbés par l’hyper libéralisme nourrissent la peur de l’autre, de l’étranger et du vide moral, d’où de multiples pulsions régressives: obscurantisme, replis communautaires ou nationalistes, politiques liberticides au nom de la sécurité.

Pour sortir de cette régression, l’auteur montre comment on peut, sans révolution, en une simple législature démocratique, sortir de la société de marché capitaliste qui nous y a entraînés. Mais nous risquons d’être durablement empêché de renouer ainsi avec le progrès par les dysfonctionnements d’une démocratie où les classes populaires ne vont plus voter et par l’imbécillité d’une gauche « moderne » qui a fini de se convertir au modèle libéral au moment même ou celui-ci s’effondre.

Jacques Généreux, professeur à Sciences Po, auteur d’une vingtaine d’ouvrages d’économie et de philosophie politique, est Secrétaire national à l’économie du Parti de Gauche.

Il existe donc d'autres alternatives !

07:32 Écrit par Pataouete dans La poulitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : génereux jacques, parti de gauche

08 novembre 2010

Les événements s'accélèrent !

Lorsque j'ai ouvert ce blog, mon idée directive était de parler de l'Algérie. De toute l'Algérie. De rapporter tout élément recueillit, de narrer mes témoignages et impressions personnelles et surtout d'ouvrir et d'élargir les débats trop souvent focalisés sur le petit bout de la lorgnette du parti prix éditorial. Le nombre toujours croissant de mes visiteurs me laisse à penser que j'ai modestement atteint mon but.

Depuis quelques temps, les événements s'accélèrent, et c'est tant mieux !

Le Gouvernement, probablement toujours dans sa recherche de ratisser les voix d'extrême droite, flirte avec les anciens de l'Algérie Française toujours Algéronostalgique. Mais est-ce une raison pour réintégrer dans les anciens combattants, les soldats factieux de la République ?

Généraux 001.jpgLa fin de la Quatrième République, je pourrais dire le désastre de la quatrième, est désormais beaucoup présenté. Il est vrai que le gouvernement issu des élections de 1956, des promesses de solutions au problème algérien, de la première visite mémorable de Guy Mollet à Alger, il fut reconduit à l'aéroport par les manifestants sous les tomates et les carottes, tiens il faudra que je vous raconte mes souvenirs de petit garçon, un virage à 180°, la partie la plus à gauche de la SFIO qui se désolidarise, les pleins pouvoirs à l'armée, l'arbitraire, la torture, les assassinats…( de Français et de Musulmans) et probablement le début le l'évolution inéluctable.

Le coup d'état du 13 mai 1958, le Comité de Salut Public, le retour du Général de Gaulle aux affaires, la constitution de la Cinquième, dont nous constatons aujourd'hui encore les travers monogarchiques, encore les pleins pouvoirs…Juste un petit aparté, on a beaucoup reproché à de Gaulle sa trahison. En fait de tout son périple triomphal en Algérie, il a beaucoup dit qu'il nous avait compris mais la reconnaissance de l'Algérie Française n'a été prononcée qu'une fois et une seule à Mostaganem juste avant son départ et probablement enivré par l'accueil impérial de la foule en délire !

lavalise1.jpgEnfin, la poursuite des dérives factieuses, d'une partie de l'Armée,soutenu par une partie des Français d'Algérie, l'Armée secrète et les exactions qui ne pouvaient qu'aboutir à l'abandon de leur terre par ce million d'hommes et de femmes déraciné pour la deuxième fois en un siècle et que nous appelons désormais les "Pieds Noirs".

France-Info à ouvert le débat deux ans avant le cinquantième anniversaire de l'Indépendance. Souhaitons que les portes de la vérité historique s'ouvrent.

Une chose est sure, on ne refera pas l'histoire et comme toujours il n'y aura qu'un dindon : le Peuple !

07:18 Écrit par Pataouete dans L'Algérie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : algérie, guy mollet, 13 mai 58, indépendance