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29 avril 2009

Le Pataouète

Une fois encore, mes recherches pour préparer cette note me laissent un parfum d’amertume. Je retrouve toujours, « j’ai quitté mon pays, une main devant une main derrière, menteurs, aïe aïe aïe ma mère ! » mais des documents de la vie des gens pendant « l’Algérie Française » de leurs joies, de leurs loisirs et de leur culture, rien.

Albert Camus tablier noir 1920.jpgQuelques extraits de textes d’Albert Camus (ci-contre en tablier noir et en 1920 dans l'atelier de son père), de la « Parodie du Cid » d’Edmond Brua ou de sketchs de la « Famille Hernandez » dont nous reparlerons. Mais l’illustration est difficile. Il est vrai que le Pataouète est un langage parlé, l’écrit est en français, et que sa transcription est peut-être déjà un début de trahison.

Vous serez surement surpris par certaines expressions qui vous paraitrons être de l’argot parisien. Il ne faut jamais oublier que la pègre algéroise s’est réimportée rapidement en métropole et que les « échanges » entre militaires du contingent et population algéroise, « aïe quelles sont jôlies les filles de mon pays », furent nombreux et fructueux.

Je vous propose une présentation extraite d’un site qui me parait bien présenter notre affaire.

Aoua cé coua l’ pataouète ?

Tchatche Femmes.jpgLe mélange de cultures prend aussi son sens dans le parler algérois : le Pataouète, mélange de plusieurs langues. Espagnol, italien, français, arabe… Ne pas confondre avec le sabir : français naturel parlé par les arabes avec leur accent et quelques déformations.
Le mot pataouète lui-même vient d'une déformation d'un mot Valencien qui signifie : "nous sommes du pays tous les deux". Les espagnols débarquant sur le port d'Alger s'interpellaient en se disant :
"nous sommes pat'ouet".

Parler de rue, parler de la ville davantage que la campagne, le pataouète est avant tout un langage populaire.
Mais l'originalité de ce parler réside surtout dans sa multiplicité… parler spécifique, dont le fond français emprunte aux autres langues certains mots ou expressions, pour illustrer de nombreux domaines : la cuisine, la fête, les disputes, les injures, l'amour…
Nombreux sont les emprunts aux activités paysannes, aux interjections et à des impératifs, et aux injures.

Ainsi, il n'est pas étonnant de retrouver ce parler dans des domaines particuliers de la vie, qu'il illustre parfaitement avec ces emprunts de langage : cuisine, fête, bagarre, sexe, injures et grossièretés en tout genre, l'amour.

Le pataouète reflète ainsi la multiracialité de l'Algérie. Ce mélange s'accompagne de licences grammaticales formant des raccourcis parfois très imagés et des traits d'humour au 2ème degré.

Quoi qu'il en soit, aussi exagéré soit-il, le pataouète est un langage riche en couleur, qui traduit bien un certain mode vie, dont l'accent rayonne et ensoleille.

Justement, l'accent ! Les voyelles accentuées "é" et "è" sont simplifiées. Le lait, c'est "le lé". Quant au "o" il n'en existe qu'un que ce soit "cause" ou "chose" ou "rose". A propos de rose, on ne dit pas comme Ronsard : "Mignonne, allons voir si la rose...", mais : "Ti'as vu comment qu'la rose elle est éclose, purée !".
Le "u" était parfois transformé en i comme on vient de le voir, pour former dans le même esprit, une diphtongue facile à prononcer. ("Ti'as", c'est quand même plus commode à dire que "tu as") .
Il en est de même pour dire un mot sans vraiment le dire. Par exemple : "La pitain". L'insulte n'était pas dite, mais tout le monde la comprenait quand même.
Le "v" était aussi parfois escamoté, pour ne pas fatiguer la bouche, sinon cela gâtait le goût de l'anisette. On disait "ouala, ouala! ti'es pas pressé, dis!"

"Si tu meurs avant toi je te tue", "t'ias pas honte à la figure",…
Le parler Pieds Noirs est aussi spécifique qu'il a forte tendance à l'exagération.
Ce parler a tendance à mitrailler ses phrases de pronoms relatifs, on s'exclame toujours, on est toujours en mouvement.

Quelques expressions :
· Si tu meurs avant toi je te tueTchatche Homme.jpg
· Si tu vas te baigner, ta mère elle te tue

Des mots bien connus autour de nous :
· Baraka (avoir la baraka) : avoir de la chance
(au contraire : schkoumoune : avoir la poisse)
· Bezef : beaucoup
(au contraire : chouïa : un petit peu)
· caoua : café
· calamar (on devrait dire calmar en "bon" français)
· Une castagne : mettre un "marron" au sens figuré
· Un Clebs : un chien (de l'arabe Kelb)
· Esquinter
· Fissa (vite en arabe)
· Kif-kif (kif-kif bourricot)
· Macache
· Nouba (faire la nouba)
· Tchatcher (avoir la tchatche)
· Toubib (de l'arabe theb = médecin)

11:20 Écrit par Pataouete dans L'Algérie | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : algérie, pataouete

Commentaires

Et" Pataouet" çà veut dire quoi?

Écrit par : noelle | 29 avril 2009

Ben j'lé di ma fille !!!!
"Le mot pataouète lui-même vient d'une déformation d'un mot Valencien qui signifie : "nous sommes du pays tous les deux". Les espagnols débarquant sur le port d'Alger s'interpellaient en se disant : "nous sommes pat'ouet"."

Écrit par : Pataouet | 29 avril 2009

Pardon capitaine!! c'est vrai!

J'ai trouvé une " histoire" sur Pataquès...

C'est toi qui a calculé les 20%?

Bonne soirée

Écrit par : noelle | 29 avril 2009

Intéressante cette liste de mots.
ES-tu sûr pour toubib ?
N'est-ce pas le " toubab" africain ?

Écrit par : Rosa | 30 avril 2009

Sûr que je suis sûr !
Mais cela doit avoir la même éthimologie. Nous avons notre latin les africains ont leur arabe...

Écrit par : Pataouet | 01 mai 2009

Bonjour, je vis en Algérie et j'avoue être très content de trouver ce site où sont mentionnés des mots, des expressions et des mouvements (de paroles en couleurs!) que j'ai fort souvent entendu enfant...Non sans quelques casses^^ puisque j'ai toujours écrit "calamar"en lieu de "calmar" envers et contre tout!
La liste des mots est exacte et est encore utilisée.
Nostalgie d'un temps pas aussi lointain...
Ce site contribue à garder vivace la mémoire.
Bonne continuation

Écrit par : un_algérien | 23 janvier 2010

Merci mon frère de tes encouragements.

J'essaye par mon propos de démontrer que l'histoire de l'Algérie ne se résume pas aux années 60.

Écrit par : Pataouète | 27 janvier 2010

Je n'avais jamais entendu parler du pataouète mais lorsque j'ai regardé tous les mots répertoriés dans ce language, j'ai compris que je suis vraiment un descendant de Pieds Noirs sans aucun doute, je les utilise tout le temps. A force d'écouter parler la famille quand j'étais petit ça^^

Merci à toi de faire vivre notre culture

Écrit par : Descendant Pieds Noirs | 19 mai 2010

aoua je suis pied noir et fiere de l etre les annees peuvent passe on ne peut renier nos origines et c vrai que c une culture que l on devrais conserver vive nous autre je vous embrasse

Écrit par : font | 26 mai 2013

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