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23 mai 2009

Les Mahonnais

La plupart de mes aïeux sont originaires de France. La seule qui venait d’ailleurs était une petite fille de 5 ans venue bien sur avec ses parents. En fait c’est le mari d’une des descendante de sa sœur, qui m’a contacté par généalogie.com et ma raconté l’histoire telle qu’il avait pu la reconstituer. C’est donc Maria Caules, aïeule à la 6éme génération,  et Fortuny Bartolomeo, qui émigrèrent en 1850 avec leur fille Lucia, née à Alayor sur l’ile de Minorque, J’ai eu envie de présenter un Texte de Jean-Jacques Jordi trouvé sur le site : Algéroisement votre.

L'histoire des populations d'origine européenne en Algérie est chose récente et les premiers éléments dont nous disposons permettent par delà l’opposition des historiographies  « colonialiste »  ou  « anticolonialistes »,  d'affirmer que la population   « française »  d'Algérie est la résultante d'apports très divers et d'un mélange de populations.

Parmi ces apports,  nous distinguons les migrations organisées par l'Etat Français,  concernant l'Europe du Nord-est principalement les Allemands et les Suisses,  avec naturellement les populations métropolitaines  :

Alsaciens-Lorrains,  Parisiens,  Languedociens,  Corses


et les migrations tolérées d'origine euro-méditerranéennes,  c'est-à-dire  les Espagnoles,  les Italiens,  et les Maltais qui débarquent en terre africaine sans être officiellement appelés par les autorités françaises.

 Cependant cette dernière population échappe au système défini : Les " Mahonnais ".

Les Mahonnais


Par  "Mahonnais",  nous entendons dans leur ensemble,  les émigrants de  l'île de Minorque,  car tel était le terme générique que leur donnais les Français.    Les conditions de la venue des Mahonnais en Algérie tiennent à un faisceau de facteurs parmi lesquels il convient d'en extraire trois principaux :

  • L'île de Minorque  est entrée dans une phase de dépression économique dès 1810,  aggravée par des accidents climatiques et par une attitude royale espagnole désastreuse.
    Misère et inoccupation sont les deux caractéristiques de l'île.
  • L'entreprise française de 1830 en Algérie passe par  les Baléares  et surtout par  Mahon.
    En faisant de  l'île de Minorque  leur base d'intendance,  leur hôpital pendant plusieurs années,  les français relancent certes une économie insulaire importante,  mais leur départ à la fin des années 1830 replonge l'île dans sa torpeur économique.
    Cependant,  les militaires français vont apprécier une population  honnête et travailleuse,  et se rendre compte du bénéfice que l'on peut tirer de sa venue en Algérie.
  • Comme le dit justement  E. Violard :

" Les Mahonnais  furent attirés en Algérie au lendemain de la conquête.
  Leur arrivée fut joyeusement saluée par l'armée d'occupation qui fut peu de temps après
  abondamment pourvue de légumes frais et variés ".




Pour autant, leur venue en terre africaine ne s'est pas faite de façon régulière et nous déterminons deux flux migratoires bien distincts :

  • la migration "spontanée" entre 1830 et 1835.

La migration organisée par  le Baron de Vialar  à partir de 1835 - 1836.

De 1830 à 1835,  se produisent d'incessants échanges entre  Minorque et Alger  principalement.

Le Moniteur Algérien  en souligne très régulièrement le trafique maritime,  et en 1834,  Alger  possède sa rue de Mahon.

En règle générale,  la migration comporte plus d'homme que de femmes les retours dans l'île sont fréquents.   L'objectif est naturellement de trouver un travail pour quelques mois et repartir.

Ainsi en mars 1832,  2000 Mahonnais débarquent à Alger en quête d'un travail.

Le premier recensement des européens de la ville effectuer en 1833 fait apparaître :

689  Anglo-maltais,

671 Italiens

et

781 Mahonnais  (et non pas Espagnols)


Ces derniers travaillent essentiellement sur le port ou dans la reconstruction des bâtiments.

Le second chapitre qui s'ouvre aussitôt dès la fin de 1835,  est fort différent.
C'est le réseau du  Baron de Vialar.    Rien ne destinait  Antoine - Etienne Augustin de Vialar  à tenter l'aventure en Algérie.

 
Quand la révolution de 1830 éclate,  ce procureur du roi Charles X,  et propriétaire terrien dans le Tarn,  démissionne et décide de partir en Egypte.

 
Faisant escale à  Alger  en 1832,  le jeune aristocrate est séduit par la nature algérienne et s'y établit.
Il se porte acquéreur de plusieurs propriétés et apparaît aux yeux de tous comme un véritable pionnier de la colonisation libre.   En 1835,  la Société Coloniale  le charge de se rendre à Paris pour y défendre la colonisation  "en gants blancs".


Son bateau pris dans une tempête,  fait route vers  Mahon  où il rencontre une ancienne connaissance,  Don Costa  secrétaire à la police du gouverneur de l'île.   Ensemble,  ils conçoivent l'idée d'une organisation d'un réseau d'émigration vers l'Algérie dans des modalités fort simples

 

Balancelles minorquaises.jpgAmarrées sur la jetée nord, ces balancelles dont l'une portait le nom évocateur de

 " Espéranza ",


  assuraient de nombreuses rotations entre Alger et Minorque.


Don Costa  se chargeait de recruter les familles et s'assurait que le gouvernement espagnol n'y mettrait aucune obstacle.   De son coté  Vialar  s'occupait du transport et du travail.   Le réseau fonctionna de suite,  et dès mars 1836,  nous constatons une nette accélération de mouvement migratoire  "Mahonnais".


  (les villages les plus touchés étaient  Condadela,  Mercadal,  San-Luis,  et Mahon ).
En septembre de la même année,  Le Moniteur Algérien  souligne que :

 
"Quant à l’accroissement de la population européenne,  nous pouvons affirmer que le nombre des  Mahonnais  venus depuis peu dépasse à lui seul le chiffre de  1.600 personnes...  Ni le travail,  ni la terre ne sont près de leur manquer en Algérie".

 
Cette deuxième vague migratoire est essentiellement familiale,  massive,  encouragée,  et destinée avant tout au travail de la terre.   Ce faisant, elle devenait quasi définitive et l'accueil des familles fut généralement très chaleureux.   Le réseau mis en place par de  Vialar  servit à d'autres colons comme de   Tonnac,  Lermercier,  Saussure ....   Et il fonctionna jusqu'à la fin des années 1840,  date à laquelle la migration minorquine se tarit autant par un appel qui ne se fait plus   :

  •   crise économique et financière en Algérie.
  •   fin de la colonisation en  "gants blancs".
  •   frein mis à l'émigration minorquine par le gouvernement espagnol
      (devant les risques de désertification de l'île).


Nous avons retrouvé des  Mahonnais  partout en Algérie,  de Bône à Oran,  mais ce sont les alentours d'Alger,  zone de leur première installation,  qui en accueillent le plus grand nombre avec  Hussein-Dey  et surtout  Fort de l'Eau  comme pépinière.

Fort de Borg-Kifan.jpgD'ailleurs,  Fort de l'Eau  et  Mahonnais  sont étroitement imbriqués au point que ça en devient une redondance.

Fort de l'Eau  est un ancien site d'occupation humaine puisque son occupation débute en 1556.


En 1830,  les terres alentours formant le domaine de la Rassauta sont propriétés de la tribu des Aribs.


Il faut dire que ce vaste domaine sur plus de 4.000 hectares comprenait cinq grandes fermes et plusieurs petites fermes, ce qui excita la convoitise de nombre de spéculateurs.

Le domaine fut attribué à un aristocrate polonais,  le prince de Mir-Mirsky  en juin 1835 qui n'en fit rien,  puis à un espagnol,  le comte del Valle de San Juan  en 1844 qui ne fit pas mieux.   Par deux fois la colonisation de la Rassauta par des intérêts privés se solda par l'échec.   C'est alors que le ministère de la Guerre décida en avril 1846 la création d'un centre de population,  et l'ayant appris,  une cinquantaine de familles mahonnaises,  placées sous la protection du  baron de Vialar,  adressait une requête afin d'obtenir les concessions du centre.

Elles reçurent une réponse très favorable du Ministère lui-même qui enjoignait  Bugeaud  à faire le nécessaire :


"Cette demande mérite une sérieuse considération : Les Mahonnais font généralement d'excellents colons.  Ils sont très entendus dans la petite culture et leurs habitudes de travail,  d'économie et de sobriété les font presque toujours réussir.


C'est une des populations les plus actives et les plus utiles d'Algérie : ce sont les  Mahonnais  qui ont cultivé presque tous les terrains du massif d'Alger et ils approvisionnent pour ainsi dire à eux seuls de légumes et de fruits les marchés de la ville".

Bugeaud  admet le principe d'un  village Mahonnais,  le terme est officiel,  Fort de l'Eau.   Le 25 juillet 1849,  le préfet d'Alger nous apprend,  dans une lettre adressée au  Gouverneur Général  que 45 familles mahonnaises sous la direction de  Mathieu Marques,  Juan Fooelich  et  Juan Barbe,  ont été installées dans leurs concessions  sans subventions,  crise économique oblige.

Et le préfet de conclure : "il est impossible d'établir un village dans des conditions plus économiques"

En effet,  l'administration déboursa 7.000 francs pour le village mahonnais contre 40.000 à 45.000 francs pour les autres villages crées en même temps.   C'est de  Fort de l'Eau  que partirent d'autres  Mahonnais  vers la partie orientale côtière d'Alger.

A  Rouiba,  Ain Taya,  Réghaïa,  l'Alma,  le Fondouck,  le Cap Matifou,  Ain Béïda,  etc.,  nous relevons un grand nombre de concessionnaires Mahonnais.


Les autorités  françaises d'Algérie  étaient fort satisfaites des  Mahonnais.   Regroupés,  les Mahonnais  paraissaient vouloir vivre une vie spécifiquement  " mahonnaise"  la conception de l'habitat,   le  Mahonnais  construit de suite  une maison propre et naturellement passée au lait de chaux ,  les coutumes,  les marques de la vie sociale,  l'endogamie,  le code moral dont ils s'entourent..   La conception familiale et l'attachement à la terre étaient des éléments correspondant exactement à l'attente du gouvernement français pour l'Algérie.

Ce que la politique coloniale n’avait pas réussi à faire à cette époque avec les Français, elle le réussira avec  les mahonnais.


Monument aux minorquais.jpgSobres, travailleurs efficaces et économes, habiles en agriculture, ne se mêlant pas de politique générale, dédaignant assistance et bienfaisance, ayant la réputation, sinon d'être avares, du moins prés de leurs modestes biens, les mahonnais entraient parfaitement dans le cadre défini par la colonisation française.


Ce qui permis la venue des  Mahonnais  fut un travail sur et rémunéré.   Ce qui rendit durable leur installation fut l'obtention de concessions modestes certes, mais suffisantes pour envisager une promotion sociale.   Les  Mahonnais  furent d'emblée considérés comme des artisans de la colonisation reconnus de tous.

 
Leurs non renouvellement par de nouveaux apports de l'île   (même si des Majorquins et des Ibiziens vinrent s'installer et les relayer quelque peu)  en faisaient une communauté euro-algérienne et les liens avec la société d'origine s'étaient fort distendus.   Nous pouvons parler d'une rapide insertion dans le monde colonial,  d'une acculturation et d'une assimilation véritable dès la fin du  XIX ème Siècle  rendues possible par l'école française   (ils y tenaient fermement),  le coude à coude quotidien et la francisation des populations européennes par Paris en 1889.


En 1925-1926,  E. Violard  nous affirme que nous devons la merveilleuse colonisation,  l'opulente culture qui s'étend de  Mustapha  jusqu'à la  Régahaïa  sur plus de 40 kilomètres aux  Mahonnais.   A cette époque,  nous recensons dans les villages de cette plaine orientale-côtière  3.660 Français   d'origine mahonnaises et  30.180 Français  d’autres origines !

Le 31 mai 1952,  Fort de l'Eau  fêtait son centenaire et invitait les personnalités de Minorque à participer aux festivités,   mais dix ans plus tard,   tous se disaient rapatriés en métropole française,   ce qui sans doute correspondait à tous sentiments profonds et à la logique de l'histoire de la France en Algérie.


La place manque ici pour étudier les marques de la société mahonnaise et nous prions tous les :

    Pons,  Sintès,  Mercadal,  Lorens,  Ségui,  Fedelich,  Oliver,  Gener,  Juanéda,  Tuduri,  Alizina, Camps,  Coll,  Bertomeu,  Bagur, .....

Sans oublier Fortuny et Caules mes aïeux.

et bien d'autres encore, de nous excuser de ne pas le faire.

08:06 Écrit par Pataouete dans L'Algérie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : algérie, mahonnais

22 mai 2009

Même que moi aussi j'ai un jardin !!!

Hé les copains, moi aussi j'ai un jardin...

Avec des fleurs

IMG_2515.JPG
IMG_2514.JPG
Balizier
IMG_2513.JPG
Alors j'entends les sarcasmes, ça une fleur ???
OUI môsieur une fleur !!!

10:00 Écrit par Pataouete dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : fleurs

Petite leçon d'économie

Ça se passe dans un village qui vit du tourisme, sauf qu'à cause de la crise il n'y a plus de touristes. Tout le monde emprunte à tout le monde pour survivre. Plusieurs mois passent, misérables.

Arrive enfin un touriste qui prend une chambre. Il la paie avec un billet de 100$.

Le touriste n'est pas plutôt monté à sa chambre que l'hôtelier court porter le billet chez le boucher, à qui il doit justement cent dollars.

Le boucher va aussitôt porter le même billet au paysan qui l'approvisionne en viande.

Le paysan, à son tour, se dépêche d'aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques passes.

La prostituée boucle la boucle en se rendant à l'hôtel pour rembourser l'hôtelier qu'e lle ne payait plus quand elle prenait une chambre à l'heure.

Comme elle dépose le billet de 100$ sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l'hôtelier qu'il n'aimait pas sa chambre et n'en voulait plus, ramasse son billet et disparaît.

Rien n'a été dépensé, ni gagné, ni perdu. N'empêche que plus personne dans le village n'a de dettes. N'est-ce pas ainsi qu'on est en train de résoudre - no sweat - la crise mondiale?

09:22 Écrit par Pataouete dans Mes humeurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : économie

21 mai 2009

Pieds-Noirs qu'es aco ?

Si vous lisez régulièrement « Patawet » vous avez du vous rendre compte que j’utilisais rarement pour ne pas dire jamais l’appellation « Pieds-Noirs ».

Quelques explications :

Origines ?

Des explications plus ou moins crédibles, probablement imaginées après coup, ont été avancées : allusion aux souliers supposés vernis ou aux bottes noires des premiers immigrants ou aux brodequins noirs des soldats de l'armée d'Afrique, aux jambes des colons, noircies en défrichant les marécages, etc. Un oiseau migrateur entre la France et l’Algérie pourrait être à l’origine. Certains évoquent même les amérindiens pieds-noirs (Black-Feet) d'Amérique, qui auraient été présents dans les contingents américains qui débarquèrent en Afrique du Nord en 1942.

Toutes ces explications sont probablement fausses puisque, si elles étaient vraies, la dénomination de « pieds-noirs » aurait été connue en Algérie, bien avant la guerre d'indépendance.

Selon d'autres attestations, exprimées elles aussi après coup, le terme aurait désigné, vers 1901, des « Arabes », chauffeurs sur les bateaux à vapeur traversant la Méditerranée. Selon un article récent « Vous avez dit pieds-noirs », paru dans le magazine Pieds-Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui de janvier 1999, on explicite l'origine de ce sobriquet utilisé dans le jargon de la marine, mécanisée dès la fin du XIXe siècle : les marins d'Algérie habitués aux températures torrides auraient été affectés aux machines à charbon, comme les « gueules noires » des mines, tandis que les marins métropolitains, armés de l'écouvillon pour graisser les canons, se seraient vu baptiser bouchons gras puis à terre : les patos » de l'espagnol « canard », à cause de leur démarche chaloupée acquise sur le pont par suite du roulis. Une photographie de 1917, portant cette mention, y est insérée. Cette dernière explication est peut-être valable pour le mot « patos », très utilisé sur place avant 1949, mais vraisemblablement pas pour le terme « pied-noir » qui était rigoureusement inconnu à Alger jusque vers la moitié des années cinquante.

Précisément une explication moins connue concorde avec cette datation. C'est celle d'un article de l'Express naissant, dans laquelle l'auteur se livre à une vive diatribe contre les habitants français d'Algérie, les comparant aux indiens de la tribu des Pieds-Noirs tels qu'ils sont montrés de façon caricaturale par Hergé dans Tintin en Amérique, oisifs profiteurs du pétrole découvert sous leurs terres. Le cliché dénoncé par Albert Camus du colon milliardaire fumant cigare à bord de sa Cadillac viendrait de ce même article.

Mais alors, les intéressés eux-mêmes, à l'heure où leur destin était menacé, s'en sont saisis, au tout départ les étudiants d'Alger, pour en faire l'étendard de leur identité, comme en témoignent les noms de nombreuses associations.

Qu’es aco ça Pieds-Noirs ?

Je me souviens très bien, lors d’une des premières nuits des casseroles, il s’agissait de scander Algérie Française (pan pan pan – pan pan) à l’aide des batteries de cuisine. Il y en a qui vote avec leurs pieds, l’algérois votait avec ses casseroles !

Ma mère dit à mon père : « mais d’ou ça sort ça « Pieds-Noirs ?» nous étions au début des années 60 et mes parents n’avaient jamais entendus le terme.

Je conteste toute les versions ou il s’agirait de surnom donné par les Arabes. En effet ils auraient alors, parlé en Arabe et nous aurions repris le mot en arabe. Or il nous appelait Roumis, francaouis, pas pieds-noirs.

Pour ma part, j’aime bien cette histoire de marins. D’abord car elle énonce une explication plausible du mot Pathos dont nous affublions les métropolitains, mais surtout parce-que Pieds-Noirs aurait été un surnom donné à des arabes. Qu’est-ce qu’ils en pensent mes coreligionnaires ?

Pourquoi je conteste ?

Pour les raisons invoqués plus haut : un mot inusité en Algérie avant que les étudiants d’Alger en fassent leur étendard.

Parce qu’aujourd’hui, Pieds-Noirs est devenu synonyme de rapatriés vers sa mère patrie qu’elle que soit le pays d’immigration.

Parce qu’il fût, passé un temps, synonyme de fascisme, de nationalisme, de racisme, de vantardise, de forte gueule, et que je ne pense pas que nous soyons comme cela, je ne me revendique pas comme cela.

Enfin, il faut revenir au fait que l’amalgame des différentes origines européennes ne s’est jamais fait.  Seul l’exode et le rapatriement ont fédéré les français d’Algérie.

Français d’Algérie, rapatriés d’Algérie, anciens Colons d’Algérie, d’accord.

Mais Pieds-Noirs qu’es aco ?

un petit poème tout mignon!!

Trouvé au hasard du net,  " la babouche et le pied noir" est du chansonnier Christian Veber (merci au site : Gazette de la Bas)

 

Il était un petit Pied Noir,
Qui logeait dans une babouche
Tous deux faisaient plaisir à voir
Marchant du matin jusqu'au soir
La babouche autour du Pied Noir
Et le Pied Noir dans la babouche

La babouche un jour dit "Pourquoi
Traîner ce Pied Noir avec moi?
Marcher ensemble quel calvaire!
Il est lourd...Moi je suis légère
S'il voulait libérer les lieux
Seule je marcherais mieux

Dés lors la babouche travaille
Pour blesser le Pied le tenaille
Le comprime fait tant d'efforts
Que le Pied Noir ayant un corps
Et prenant brusquement la mouche
Se retire de la babouche

Le Pied Noir lui s'est replié
Bien sûr dans ses petits souliers
Mais il a poursuivi sa route
Et la plus étonnée sans doute
Fût la babouche qui n'a pas compris mais vu
Que sans Pied Noir elle ne marche plus

07:34 Écrit par Pataouete dans L'Algérie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : algérie, pieds-noirs

20 mai 2009

Le Mouvement Anticolonialiste

En 1925, Léon Blum disait de son côté : « Nous admettons qu'il peut y avoir non seulement un droit, mais un devoir de ce qu'on appelle les races supérieures, revendiquant quelquefois pour elles un privilège quelque peu indu, d’attirer à elles les races qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de civilisation ».

Emergence de l’Anticolonialisme

la baie.jpgC'est alors généralement dans les milieux libéraux que se trouvent les opposants à la colonisation. Ils s'opposent en particulier à cet argument selon lequel il faut apporter la liberté par la force. Yves Guyot écrit ainsi : « Il est étrange qu'il faille employer le canon contre les opprimés pour les délivrer de leurs tyrans ». Ils s'opposent au colonialisme, en particulier car il est pour eux le fruit du dirigisme et la volonté d'un État d'étendre son pouvoir. Guyot dénonce en particulier le colonialisme comme prolongement du « socialisme d'État ». Frédéric Bastiat a pour sa part dénoncé dans Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas l'erreur économique à vouloir coloniser l'Algérie pour s'approprier ses ressources.

Dans l'après-guerre, l’anticolonialisme est en liaison avec les mouvements indépendantistes dans les colonies. Ce nouvel anticolonialisme regroupe à la fois les mouvements d’extrême gauche, des intellectuels et une partie des catholiques (Témoignage Chrétien).

Le Parti Communiste Algérien (PCA) émergea en 1920 comme une extension du Parti communiste français (PCF), avec des noyaux (cellules) composés surtout d'ouvriers expatriés, européens dont nombreux français indésirables en métropole, ou ayant ouvert les yeux en Algérie après que leurs parents furent envoyés dans les colonies à la suite des insurrections la commune de Paris et autres révoltes plus récentes à cette dernière.

Le 12 septembre 1955 le parti fut interdit par les autorités françaises. Le parti s'orienta plus ouvertement vers le mouvement de libération nationale, et réussit quelques coups d'éclat dont la prise de la cargaison d'armes par l'aspirant Henri Maillot. En septembre 1956, le mathématicien Maurice Audin organise l'exfiltration clandestine, vers l'étranger, du premier secrétaire du PCA, Larbi Bouhali, avant d'être lui-même arrêté et assassiné lors de la « bataille d'Alger ».

Henri ALLEG

Henri Alleg.jpgEn 1940, il s'installe en Algérie. Il milite au sein du Parti communiste algérien. En 1951, il devient directeur du quotidien Alger Républicain. Il entre dans la clandestinité en 1955, date d'interdiction du journal en Algérie. Il continue cependant à transmettre des articles en France dont certains sont publiés par l'Humanité.

Il est arrêté le 12 juin 1957 par les parachutistes de la 10e D.P, au domicile de Maurice Audin, son ami, arrêté la veille et qui sera torturé à mort.

Henri Alleg est séquestré un mois à El-Biar, où il est torturé et subit un interrogatoire mené après une injection de penthotal. Il est ensuite transféré au camp de Lodi où il reste un mois, puis à Barberousse, la prison civile d'Alger. C'est là qu'il écrit La Question, dissimulant les pages écrites et les transmettant à ses avocats.

Dans La Question, il raconte sa période de détention et les sévices qu'il y subit, en pleine guerre d'Algérie. Tout d'abord publié en France aux Éditions de Minuit, l'ouvrage est immédiatement interdit. Nils Andersson le réédite en Suisse, quatorze jours après l'interdiction le frappant en France en mars 1958. Malgré son interdiction en France, ce livre contribue considérablement à révéler le phénomène de la torture en Algérie.

« Alger Républicain dit la vérité, il ne dit rien que la vérité, mais il ne peut pas dire toute la vérité ».

Ce slogan est devenu le symbole même de l’existence du journal, pour nous rester actuel. Il est rappelé par plusieurs Algériens retrouvés par Henri Alleg, en 2003, dans le cadre du travail documentaire de Jean Pierre Lledo.

 

Le camp de Lodi

 

andré et copains.jpgC’est dans cette ancienne colonie de vacance des Chemins de Fer, que des centaines de militants de la cause anticolonialiste, de toutes obédiences de gauche, furent internés à partir de 1955, sans autre forme de procès.

 

J’ignore ce qui advint aux internés avant leur arrivé mais il est certain qu’enfermer des hommes pendant plusieurs années dans un camp de rétention, sans décision judiciaire est déjà une forme de torture morale.

 

Mon père n’a jamais adhéré à aucun parti politique, il n’a donc pas, au début de la guerre, été inquiété,  mais il était militant et responsable de la Fédération CGT des Cheminots. Il connaissait donc plusieurs des copains internés.

 

Pour ma part je percevais quelques bribes de conversation à ce sujet mais mon souvenir principal est celui de ma mère remplissant deux couffins de victuaille et les portant à la gare pour qu’ils soient acheminés, parmi tant d’autres, par les femmes des copains leurs rendant visite.

 

Je voudrais d’ailleurs rendre hommage à Mimi et Marcel qui ont guidé mes premiers pas en conscience.Lequément paella.jpg

 

L’après Lodi

 

Je me souviens de leur libération mais plus de la date. Par contre, dès le début des mouvements activistes, ils furent de nouveau inquiétés, menacés. Beaucoup furent abattus, d’autres se réfugièrent en métropole pour échapper à l’assassinat.

 

Après l’indépendance, certains refusèrent de retourner en Algérie, ils avaient assez donné. D’autres y retournèrent dès l’automne et s’impliquèrent dans le développement de l’économie algérienne. Cependant, la chasse aux communistes, l’arabétisation de l’enseignement, les discriminations raciales (chacun son tour), eurent vite raison de ces idéalistes.

 

De 1 à 5 ans, je ne connais personne qui y soit resté.

 

Trois ans après son retour, mon père mourut.

mariage L&A.jpg